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Enter the void [avec Lachlan]

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J. Lachlan Owens
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Dim 10 Nov - 12:31


we are the reasons for tomorrow's end.

« Nous n'avons qu'à inventer toutes les histoires que nous voulons, tant qu'elles nous conviennent. Si c'est ce que le soleil, une feuille ou des dessins d'encre nous inspirent, cela ne pose pas de problème. Notre façon de raconter conviendra au moins à quelques-uns, avec un peu de chance elle réussira à changer l'avis d'autres. Me faire contredire ne parvient pas à modifier ce qui s'est créé dans mon esprit, effacer l'étincelle qui a fait son apparition si soudainement. Ils ne peuvent pas dire que nous avons tort parce qu'ils sont plus à penser de la même manière, à tout vouloir imposer aux autres. Puis il faut bien des illuminés pour faire un monde. Si cela consiste à ne pas accepter de garder ma vision des choses pour moi, la taire, l'enfermer, alors je veux bien faire partie de cette catégorie de gens. » Tu souris doucement. Tu aimes sa façon de penser. Cette lueur de désespoir, peut-être, lorsqu’elle semble croire que le monde n’est pas prêt à changer. Probablement. Probablement que non, qu’il n’est pas prêt. Mais ils ne pourraient pas vous empêcher de songer, en effet. Peu importe leurs explications dites rationnelles. Ce ne seraient que quelques histoires de plus, bidons, sans d’autres fondations que celle d’avoir raison. Et la jeune femme tourne ton bras. Son regard s’égare. « Et elle ? » Son doigt glisse sur ta peau. Tu l’observes, un instant. « Quelle est son histoire ? » La jeune brune dépose sa tête contre ton épaule. Pour t’écouter.

« Une vieille amie … qui s’est suicidée, il y a plusieurs années, déjà. Pas trait pour trait mais … Je pense que l’idée a germé à partir de là. Ses yeux s’égaraient, se plongeaient dans le ciel. Comme si elle espérait toujours que quelque chose viendrait de là. Que là-haut était plus agréable. J’étais … Tellement en colère, après ça. Après tous ceux qui n’avaient rien vu. Après moi. Après elle. … Tu vois ? » Tu t’interromps un instant. Le temps de rassembler tes pensées. Probablement que vous n’aviez jamais été énormément proches, de toute façon. Enfin. Peut-être un peu tout de même. Suffisamment pour que ça t’affecte. Bien assez pour que tu t’en soucies, très certainement. Mais tu avais appris à passer au-dessus, finalement. « Après … Je pense que ce tatouage ne s’applique pas qu’à elle. Il y tellement de gens qui espèrent la mort. Qui rêvent juste de se jeter du haut d’un pont Simplement pour trouver la paix. Pour aller dans ce qu’ils nomment paradis, et se morfondre dans un petit nuage moelleux. … Je n’y crois pas. Je veux dire, je pense qu’il n’y a rien, après la mort. Ni paradis, ni enfer. Probablement pas une quelconque réincarnation non plus. Tu meurs, tu te retrouves six pieds sous terre, à attendre patiemment que ton enveloppe charnelle se décompose, dévorée par les vers. Rien d’autre. Et au final, n’est-ce pas un peu mieux ainsi ? Dans le sens où nous ne devenons plus que des coquilles vides. C’est probablement mieux que de se morfondre sans cesse, du Paradis, ou de l’Enfer, ou de ce que tu veux, en comprenant enfin que nous n’avons été que des êtres égoïstes, refusant de voir que certains tenaient à nous. Ne désirant que faire une apogée de la douleur. Pour éclater en mille morceaux, soi-disant soulagés et libérés. » Tu fermes les yeux, un instant.

« J’imagine que .. Enfin, je crois qu’il est mieux de parler, d’essayer d’évacuer, plutôt que de passer l’éternité au fond d’un caveau, enterré avant son heure. » Et finalement, tu te tais. Tu penses avoir dit une grande partie de ce que tu avais à dire sur le sujet. Probablement que ça te fait du bien. De pouvoir enfin exposer ton point de vue. Tu ne lui interdis pas de voir les choses à sa façon, cependant. Elle pourrait probablement avoir un autre avis sur la question. Et peut-être qu’il y avait des cas où la mort, en premier lieu, pouvait sembler être la meilleure solution. Mais probablement que pour voir la réalité, il suffisait de creuser un peu. Pas par égoïste, jalousie des vivants, de ceux qui restent, ou quoi que ce soit. Simplement pour se rendre compte qu’il y avait des meilleures façons. Pour oublier, essayer de faire une croix sur tout ça. « Après … Je ne cherches pas non plus à prétendre que je n’y ai jamais songé … A mettre fin à mon existence, simplement en osant croire que je n’avais réellement aucune utilité, sauf celle de causer de la douleur à ce qui m’entourait. Mais … Peut-être qu’ouvrir les yeux sur la réalité m’a fait comprendre un peu mieux ce que c’était. » Ou peut-être n’était-ce plus qu’une crainte supplémentaire. Une nouvelle source d’aveuglement sur la question. Mais tu imagines que, puisqu’il n’y a pas de retour possible, personne ne pourra vraiment donner une véritable réponse à la question.

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Sue Ukyo
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mer 13 Nov - 12:48


 Enter the void 

Le laissant raconter l'histoire du joli visage de poupée, mes yeux restent posés doucement sur la peau beige du jeune homme tout comme ma tête. Pendant qu'il parle, mon regard l'observe retrouver ses souvenirs et essayer de les rassembler, de donner un sens à tout ce qui lui vient en tête lorsqu'il voit ces pupilles orientées vers le ciel pour s'y égarer. Certains de ses mots prennent plus de temps que les autres pour se poser, pour choisir de prendre leur sens, d'exister. Ils expliquaient peu à peu, seconde après seconde, qu'il s'agissait d'une amie qui avait préféré la mort à la vie. Cette dernière regardait le ciel car elle pensait que tout sera mieux là-haut, tout deviendrait plus simple et plus facile une fois qu'elle l'aurait atteint. Il lui en avait voulu d'avoir pensé cela, mais il avait aussi ressenti de la colère pour le monde et lui-même. Bien que je ne puisse que l'imaginer et probablement jamais le ressentir, sa douleur avait un côté assez logique. Ce n'était pas idiot comme regret et je me demande si c'était la pensée de la peine qu'elle ferait aux autres qui l'avait retenue si longtemps.

Tandis qu'il me conte sa vision de la mort, de la fin, semblable à la mienne, je pense que c'est peut-être mieux de, tout comme nous le faisons, ne pas croire au paradis. De vouloir se laisser aller à contempler le ciel seulement pour sa beauté, sans lui promettre de le rejoindre dans les prochains jours ou de finir de le conquérir. A vrai dire, je pense que j'aurais trop peur de tomber une fois arrivée parmi les nuages, alors, je préfère me contenter de croire que je vais rester parmi l'herbe, la poussière et les fleurs une fois que mon cœur aura choisit d'arrêter de produire ses faibles battements audibles seulement dans un silence total. Qu'il laissera mon sang doucement disparaître, ma peau devenir encore plus blanche et que tout cela s'évapore. C'est déjà suffisant de pouvoir disparaître, que les plantes recouvrent mon corps, alors je laisse la distance entre le ciel et moi être éternelle. Ses yeux se ferment quelques secondes, les mots qu'il avait dit se matérialisent dans mon esprit continuellement perdu.

Essayant à mon tour de mettre de l'ordre dans tout ce qui me venait à l'esprit, je lui donne mon point de vue. « Je ne crois pas non plus que l'on va au paradis, en enfer ou même ailleurs lorsque la fin s'empare de nous. Partout et nulle part à la fois, c'est plus cela. On meurt juste. Notre esprit n'existe plus et ce n'est pas pire puisque nous ne sommes plus conscients de rien. Que notre corps soit brûlé, jeté au fond de la mer ou de la terre, tout ça, nous ne nous en rendons pas compte. Comme chaque nuit lorsque nous allons nous coucher, le lendemain nous nous réveillons sans savoir à quel moment nous avons laissé Morphée s'emparer de nous, sans pouvoir dire tout ce qu'il s'est passé pendant ce moment où nous étions à demi mort. Ou notre esprit était parti on ne sait où, laissant notre corps se débrouiller de façon automatique. C'est une sorte de petite mort, une préparation pour la vraie fin, mais peu de gens s'en rendent compte. » Je me tais, espérant seulement qu'il comprenne ce que je voulais dire avec tous ces mots. Il arrive que j'aie une façon de voir les choses si différente que je sois la seule à pouvoir l'interpréter, mais lui semble réussir à rassembler tout cela pour pouvoir y parvenir à son tour.

Mes yeux qui s'égarent à nouveau sur sa peau encrée jusqu'au cou. « Je me rends maintenant compte que je ne n'ai jamais pensé à me donner la mort moi-même... Pourtant, partir d'ici est surement la meilleure solution au final. J'ai l'impression d'être trop curieuse de voir l'évolution de ce monde que je n'aime pas pour le quitter. De refuser de fermer les yeux tant que mon corps ne demandera pas grâce. Peut-être que je n'ai juste pas le courage en fait. Je ne sais pas, mais ça ne me paraît pas être ça. Il y a tellement de belles choses à observer, à contempler ici. Je n'ai pas envie de devoir m'arrêter de les voir parce que je n'aime pas la majorité des humains, parce que je les ignore. Ils ne méritent pas que je me prive de ça. » Les derniers mots n'étaient que des murmures, peut-être audibles puisque seul les bruissements de feuilles auraient pu les couvrir. Je n'avais jamais vraiment pensé à cela en réalité et c'est assez étonnant de le découvrir en même temps que quelqu'un d'autre, de partager cette découverte sur sa personne avec ce quelqu'un d'autre.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Ven 15 Nov - 16:56


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« Je ne crois pas non plus que l'on va au paradis, en enfer ou même ailleurs lorsque la fin s'empare de nous. Partout et nulle part à la fois, c'est plus cela. On meurt juste. Notre esprit n'existe plus et ce n'est pas pire puisque nous ne sommes plus conscients de rien. Que notre corps soit brûlé, jeté au fond de la mer ou de la terre, tout ça, nous ne nous en rendons pas compte. Comme chaque nuit lorsque nous allons nous coucher, le lendemain nous nous réveillons sans savoir à quel moment nous avons laissé Morphée s'emparer de nous, sans pouvoir dire tout ce qu'il s'est passé pendant ce moment où nous étions à demi morts. Ou notre esprit était parti on ne sait où, laissant notre corps se débrouiller de façon automatique. C'est une sorte de petite mort, une préparation pour la vraie fin, mais peu de gens s'en rendent compte. » Des êtres vides. La fin simple, sans le moindre trajet compliqué, pour une âme désirant seulement se reposer. Disparaitre, pour laisser sa place à une autre, neuve, avec de nouvelles idées. Tu t’attaches, d’un côté, à sa vision des choses. Peut-être que oui, d’une certaine façon, le sommeil n’est qu’une faible préparation. Il fallait probablement simplement prendre les choses telles qu’elles venaient, sans se décider à craindre ce qui pourrait éventuellement arriver. Le vide illimité. « Je me rends maintenant compte que je ne n'ai jamais pensé à me donner la mort moi-même... Pourtant, partir d'ici est surement la meilleure solution au final. J'ai l'impression d'être trop curieuse de voir l'évolution de ce monde que je n'aime pas pour le quitter. De refuser de fermer les yeux tant que mon corps ne demandera pas grâce. Peut-être que je n'ai juste pas le courage en fait. Je ne sais pas, mais ça ne me paraît pas être ça. Il y a tellement de belles choses à observer, à contempler ici. Je n'ai pas envie de devoir m'arrêter de les voir parce que je n'aime pas la majorité des humains, parce que je les ignore. Ils ne méritent pas que je me prive de ça. »

« Peut-être que nous ne devons pas toujours essayer de vivre pour les autres. Je veux dire … Nous ne devrions pas nous arrêter à ce qu’ils disent. Nous ne devrions probablement pas écouter ceux qui cherchent à nous détruire pour s’élever toujours un peu plus haut dans une société qu’ils se sont eux-mêmes construite. » Tu t’interromps un instant. Juste le temps pour tes bras de se refermer sur son corps. Pour l’enlacer à nouveau, doucement. « Peut-être que certains se donnent la mort parce qu’ils sont ceux qu’ils nomment « différents ». Ceux qui voient le monde autrement, ou que le monde a brisé. Peut-être les deux, un peu. Mais il faut peut-être admettre une chose : ce n’est pas en feignant la normalité que nous pourrons entrer dans une société qui ne vise qu’à affliger ce que nous subissons et contredisons sans cesse. » Tu imagines que ce serait renier des valeurs difficilement, peut-être, acquises. Ou, tout du moins, renoncer à sa personnalité. Et malgré tout, personne ne devrait rejeter sa façon de penser. Tant qu’il ne cherche pas spécialement à empiéter sur la liberté des autres.

« Peut-être ce que n’est pas réellement une question de courage. Bien qu’il en faille probablement beaucoup pour se passer la corde au cou. Puisqu’il faut se détacher de la société, et faire ce qu’elle ne cesse de rejeter. Et pourtant c’est … obéir, d’une certaine manière, à ce qu’elle ne cesse de nous hurler. Que nous ne sommes pas assez bien, pas assez comme les autres, pas assez dociles, pas assez malléables. Pas assez bien pour ce qu’ils considèrent comme parfait. Et c’est bien dommage que nous refusions une originalité, la nouveauté que nous ne cessons pourtant de rechercher. Comme si les choses n’étaient pas assez intéressantes telles qu’elles nous sont présentés. Comme si les gens différents étaient sans intérêt. De cette manière, peut-être que certains ne font que les aider à appuyer sur la détente pour s’en débarrasser et ainsi n’obtenir que des plants dits parfaits. Peut-être qu’il faut refuser de se laisser enterrer par la société avant que l’heure n’aie sonnée. Simplement pour profiter de tout ce qui pourrait être un jour à notre portée. » Tu t’imagines que tu ne pourrais réellement profiter de l’existence en vivant dans l’attente de la mort. Assis là, dans un fauteuil, sur un quai de métro, à regarder les trains défiler. Attendre que la vie passe, un peu comme dans les vues d’une rue en accéléré, semblable à un amas de gens et de voitures pressées, un amas de mensonges mille et une fois ressassés.

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Sue Ukyo
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Sam 16 Nov - 20:13


 Enter the void 

Ses mots sont juste, mais comme dans beaucoup de cas, c'est une chose plus facile à dire qu'à faire. Car nous n'avons pas choisi de faire partie de cette société, nous y avons étés intégrés de force, sans que notre avis soit pris en compte. Il faut bien avouer que survivre jusqu'à maintenant sans en faire partie aurait été un véritable défi, mais maintenant ? Une sensation désagréable de regret me hante, une sorte de reproche émis par moi-même. Comme si, une fois le cordon ombilical coupé, j'aurais dû me mettre à ramper de toutes mes forces et le plus rapidement possible pour m'isoler, ne pas avoir à subir toutes les personnes que le hasard a décidés de me faire rencontrer. Cela aurait constitué un choix idiot. Premièrement, parce que je ne savais même pas ramper et quand bien même, je serais morte dans la journée. Mais peut-être qu'au fond j'aurais eu ce que je voulais, cette notion d'indépendance, de solitude. Inconsciente des quelques regrets qui auraient pu m'atteindre. Seulement, cette opportunité est passé depuis déjà quelques années, alors mieux vaut ne pas refaire un passé figé.

Doucement, ses bras viennent m'entourer à nouveau, me donnant aimablement un peu de sa chaleur pour que le frisson causé par le froid de cette nuit me touche moins. Je n'arrive pas à m'imaginer intégrer, surement parce que j'ai passé trop de temps à fuir ces gens que je déteste. Quand j'imagine ce que c'est d'être normal, j'imagine un humain qui se lève avec un sourire constant sur les lèvres. Un de ces sourires forcés, antithèse du naturel à eux seuls. Il se lève, mange une portion quotidienne puis part au travail. Une fois son boulot pour la société finit il rentre chez lui et se couche pour recommencer une journée de la même façon le lendemain. Aucune pensée, aucune idée ne traversant son esprit à un moment de la journée. Un robot, un pantin portant des traits physiques d'homme, de la naissance à la mort. Peut-être que c'est de cette conception de l'humanité commune qui me dégoûte tant. J'en ai vu tant, des hommes, des femmes, tous à tracer leur route, pas à pas jusqu'à la tombe de la façon la plus monotone possible. Jours après jours, années après années et saison après saison, sans changement.

Légèrement surprise par ce qu'il vient de dire, je continue de le regarder. Je n'avais jamais vu les choses de cette façon et pourtant c'est presque évident. Mourir à cause d'eu revient à leur faciliter la tâche au final, il ne reste ensuite plus que des humains parfaits selon leurs critères. Je ne sais pas si cet argument peux marcher sur tout le monde, mais il doit bien faire effets quelques instants, le temps que la noirceur de la nuit, que la solitude revienne les hanter, que le spectacle navrant de tous ces humains décevant finisse par les achever, tel un poignard dans le cœur. Lentement à mon tour, je viens poser mes mains au dessus des siennes en les serrant doucement. Peut-être, probablement, pour simplement le remercier d'être là. Ou bien de parler, de m'avoir suivit ici, de réfléchir de cette façon, de me comprendre, de m'écouter, ou encore simplement d'exister, de me prouver que tous les humains ne sont pas fade, méprisables. Car, tout cela, surtout réunit, me rend heureuse. Je laisse ma tête poser son poids contre lui et mes yeux retournent dans les cieux.

Ils s'y égarent encore une fois, satisfaits de voir que la nuit est encore bien sombre et en un sens que le soleil ne soit pas aux aurores. « Oui. Au final nous n'avons pas besoin de leur consentement pour vivre. Ils feraient sans doute tout pour pouvoir choisir, pour décider de nos vies, de nos pensées à notre place, mais ils ne peuvent pas. Alors, ils nous écartent, nous méprisent par dépit. C'est peut-être mieux pour tout le monde au final, non ? Au moins, on peut se dire qu'il y a des gens comme toi, comme moi et puisque tu existes, il y en a, avec un peu de chance, d'autres ? Quelques humains qui semblent être des miraculés. C'est une constatation plutôt positive, rassurante pour moi. » Allant même jusqu'à partager mon état d'esprit, me confier. Je n'arrive pas à choisir entre l'impatiente de voir le soleil et l'appréhension de l'arrivée avec lui de la lumière. La fin de la nuit en d'autres mots. Sans réellement comprendre pourquoi, mais sans aucun doute parce que je n'avais pas envie que cette discussion déjà longue s'arrête maintenant.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Lun 18 Nov - 18:59


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Ses mains se déposent sur les tiennes doucement. Doigts froids. Tu n’y accordes pas réellement d’importance. Quelque part, son contact est rassurant. Comme si vous étiez un peu moins seuls, agrippés l’un à l’autre, dans ce monde de faux-semblants. Ses yeux s’égarent à nouveau au ciel. A ton tour, tu laisses ton regard se perdre dans les environs miroitants. Profitant, silencieusement. Tentant de réfléchir, très certainement, sur le monde t’entourant. « Oui. Au final nous n'avons pas besoin de leur consentement pour vivre. Ils feraient sans doute tout pour pouvoir choisir, pour décider de nos vies, de nos pensées à notre place, mais ils ne peuvent pas. Alors, ils nous écartent, nous méprisent par dépit. C'est peut-être mieux pour tout le monde au final, non ? Au moins, on peut se dire qu'il y a des gens comme toi, comme moi et puisque tu existes, il y en a, avec un peu de chance, d'autres ? Quelques humains qui semblent être des miraculés. C'est une constatation plutôt positive, rassurante pour moi. » Tu as concentré un instant ton regard sur elle. Ses cheveux sombres, longs, sa peau blanche. Rayonnante, peut-être, scintillante dans cette fausse nuit. Et tu hoches la tête, pensivement.

« Mais malgré tout, en effet, nous y avons été confrontés un jour ou l’autre. En y pensant, c’est assez étrange. C’est leur influence, les mots qu’ils nous ont chuchotés, qui nous ont conduit à les reconsidérer. Certains d’entre eux nous ont élevés, ont tenté de le faire comme certains leur avaient enseignés. Comme ils le devraient. Du point de vue de la société, nous pourrions dire qu’ils ont échoué, puisque nous n’arriverons pas à en prendre part totalement, à nous fondre dans le moule et les gens délirants. Mais de notre côté ? Peut-être que leurs erreurs, leurs faux pas nous ont aidé à quitter la société dans laquelle nous sommes nés. Et peut-être que, même si nous avons du mal à admettre ce qu’ils sont, ce en quoi ils croient, nous devrions leur en être reconnaissant. » Et tu te tais finalement, pour entrecroiser tes doigts avec les siens. Juste pour reprendre ton souffle, pour quelques secondes encore. « Cela dit, peut-être que nous sommes, malgré tout, en partie responsable de ce que nous sommes actuellement. Et tu as raison de croire que, quelque part, il y a d’autres êtres, ayant jadis été innocents, ignorants, et ayant désormais commencé à découvrir un des pans cachant le gigantesque tableau représentation la mascarade dans laquelle nous tentons d’avancer. » Tu souris doucement, alors que ton regard s’évade encore un instant. C’est peut-être un peu triste, au final. Mais vous ne pouvez pas y passer à côté. Vous ne pouvez sans cesse ignorer la réalité.

Quelque part, il est agréable d’espérer. Il est plaisant d’essayer, au moins à deux, de se réconforter, et de partager des idées. Des mots qui, avec d’autres, n’auraient jamais eu raison d’exister. Il y a probablement quelque chose de réellement agréable à l’idée. Et pour rien au monde, probablement, tu ne voudrais que le soleil s’élève lentement. Sauf pour l’admirer, peut-être. Juste avant que le temps ne ralentisse sa course, pour, d’une certaine manière, s’arrêter définitivement, et laisser place à encore quelques moments. « Je ne t’ai même pas demandé ton prénom … » que tu murmures alors, riant doucement. Pas que tu t’en fiches. Mais peut-être qu’au final, ce n’était qu’une formalité, et la discussion vous conduisait bien plus loin que tu n’avais osé l’imaginer. Et tu voulais probablement essayer de saisir les mots, de les fixer, avant que le jeune oiseau ne décide de s’envoler. Tu ne l’obligeais pas non plus à te dévoiler son identité. Penseurs anonymes, cherchant à donner un sens aux méandres effacés, aux histoires étranges que raconte l’unanimité.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mer 20 Nov - 23:01


 Enter the void 

Des fois, je pense que ça doit venir de là cette sensation de néant au fond de mon âme. Ce vide dont la douleur s'atténue quand on l'ignore, quand on fait semblant qu'elle n'existe pas, mais qui ressort toutes ses épines lorsque que notre regard se pose dessus, lui revient. C'est idiot, souffrir à cause de tous ces gens qui ne nous entendent pas, ne nous écoutent pas, jamais. Ça laisse flotter cette impression désagréable, incongrue, de leur obéir, de leur faire plaisir. Alors, oublier, nier est tellement plus simple. Laisser tout cela tomber au fond des abysses et y réserver nos places pour plus tard de ce fait. J'ai presque l'impression que nous sommes uniquement voués à notre perte à cause de cette différence. La fin nous attends de la même façon qu'eux, elle sera là, indéniablement, mais peut-être qu'à cause de cette façon de penser que nous avons, la nôtre nous paraîtra plus douce. Elle a hanté mon sommeil d'enfance cette fin. Non, pas des cauchemars, juste des heures, consacrée à penser à elle, essayer de deviner quand cette conclusion viendrait et comment. Des heures perdues, on ne peut pas anticiper cela.

Le fait de leur être reconnaissant pour m'avoir fait, phrase après phrase, les détester m'amuse assez, comme la plupart des choses ironiques. Ses doigts s'enlacent avec les miens doucement, tandis qu'il accorde quelques secondes au silence, récupérant son souffle dépensé dans ses précédentes paroles. Une mascarade, ça doit être le mot qui convient le mieux à notre monde, créé en donnant une illusion de ce qu'il devait lui-même être et de comment nous devons nous conduire pour lui appartenir, nous ajouter à la masse. « J'ai, certaines fois, l'impression que nous devons faire bien plus d'efforts que les autres pour avancer. Ils vivent leur vie simple, ne se posent pas de question et meurt le cerveau toujours occupé par des pensées au final inutiles. La solitude, c'est peut-être ce que nous avons à payer pour nous être rendu compte de tout cela. La notion de prix ne serait pas juste, disons que c'est plus le revers de ce savoir ? » Ne réussissant toujours pas à expliquer le pourquoi du comment avec le nombre de mots qui auraient convenu, j'ai si souvent l'impression de devoir payer cette sorte de mépris que je leur voue.

Ou alors, c'est une simple impression formée par mon esprit pessimiste, essayant de justifier tout ce qui peut m'arriver. Seulement, cette solitude n'est pas un événement commun, c'est une chose si... Spéciale. Elle peut recevoir de l'amour comme de la haine à seulement quelques secondes d'écarts, si ce n'est les deux ensembles. Sa voix se teinte de ce rire que j'apprécie, pendant que ses mots apparaissent. Je tourne ma tête vers lui, penchant légèrement celle-ci à nouveau. Observant son visage, comme si mes yeux repassaient les traits qui le constituent, encore une fois. « Sue. » Simplement, en empruntant le même volume sonore que lui, un murmure dans la nuit. La peur qu'il ne l'ait pas entendu s'empare de moi au bout de quelques instants. Une syllabe est si vite perdue. Essayant de deviner son prénom mentalement, je finis par conclure que les plus communs ne lui vont pas. « Quel est le tiens ? » Curieuse, ajoutant cette courte phrase, seulement quelques instants après l'autre tandis que mon regard se plonge dans le sien.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Sam 23 Nov - 21:00


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« J'ai, certaines fois, l'impression que nous devons faire bien plus d'efforts que les autres pour avancer. Ils vivent leur vie simple, ne se posent pas de question et meurent le cerveau toujours occupé par des pensées au final inutiles. La solitude, c'est peut-être ce que nous avons à payer pour nous être rendu compte de tout cela. La notion de prix ne serait pas juste, disons que c'est plus le revers de ce savoir ? » Tu souris, un instant. Le temps de hocher la tête. « J’imagine que … Il y a un revers des deux côtés. Ou l’ignorance, ou la solitude. Mais en imaginant que chaque côté apporte avec lui sa dose de regrets, je préfère pouvoir compter sur des gens étrangers à la société, mais qui me regardent pour ce que je suis vraiment, plutôt que d’autres fuyant à la moindre difficulté, restant proprement aveuglés, et ne s’occupant que de ce qui pourrait les intéresser. Tant qu’ils ne sont pas entrainés en dehors des conventions, sur les sentiers pas encore battus, et où il semble interdit, selon certains, de pénétrer. » Peut-être que tes mots sont un peu brouillon. Mais tu tentes. Pour soulager ton cœur fatigué. Trop heureux, probablement, de trouver quelqu’un pour raconter. Pour se rapprocher. Sans pour autant ressentir une obligation quelconque contre ces quelques mots échangés.

Et à tes nouveaux mots, elle tourne la tête vers toi. « Sue. » Chuchotement dans le vent. Tu attrapes la syllabe du bout des doigts. C’est presque ça. C’est délicat. Il y a quelque chose d’agréable dans le mot. Si aisément perdu dans le brouhaha. Mais, dans le faux silence vous entourant, tu ne l’avais rien que pour toi. « Quel est le tien ? » Ses yeux se perdent dans les tiens. Tu te laisses un instant embarquer par l’immensité de ses prunelles. Peut-être que, quelque part, son regard se teinte parfois de quelques sentiments. D’un ressenti, peut-être caché, peut-être à peine exprimé. Par crainte de ne pas être écouté. « Lachlan. Un peu plus commun, mais … Il ne me déplait pas. Puis … Je trouve que le tien est joli, aussi. Doux à prononcer, peut-être un peu étrange. D’un autre temps, comme s’il n’avait pas voulu s’accorder avec ce qui l’entourait, mais qui, malgré tout, se fond dans la masse sans poser la moindre question. » Et tu te tais finalement. Pour reprendre ton souffle, pour laisser tes mots s’échapper au vent. Encore un instant.

« Tu sais, quelque part, je suis effrayé à l’idée de voir le soleil se lever. Même s’il est probablement magnifique. Puisque quelque part, ça signifierait également que je devrais retourner à la vie en société. A ce qu’il se trouve derrière les barrières de ce parc, à taire les mots que j’ai pu, cette nuit, prononcer. Comment ce sera, après tout ça, pour retourner dans les discussions fades, les mots lancés, jamais réellement pensés.. ? Ce sera étrange, tu ne crois pas ? De faire comme si nous étions simplement des pièces d’un géant mécanisme, des objets. Pas même aptes à penser, pas même capable de nous demander quelle est la raison pour laquelle nous  nous épuisons éternellement à accomplir la même tâche, sans même oser songer à un jour nous arrêter. Si ce n’est, évidemment, pour mourir et laisser nos chairs se décomposer. » Et probablement que tu crains sa perte, également. Depuis quelques heures déjà. Depuis que tu as eu la change de pouvoir échanger ces quelques réflexions avec le joli-cœur. Et tu ne voudrais l’oublier si rapidement. Tu ne supporterais pas, peut-être, de voir son image se dissiper, tel un fantôme épuisé, dans quelques heures …

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mar 26 Nov - 0:24


 Enter the void 

Le jeune homme avec qui j'entretiens cette longue discussion s'appelle donc Lachlan. Ce prénom est relativement peu commun, sans pour autant en devenir absurde, ce qui parait plutôt difficile à assembler. Ça sonne si joliment, que ce soit de façon abyssale, dans un écho ou encore glissé dans un murmure. Je ne saurais dire de quelle origine il peut bien provenir, sans non plus savoir si c'est à cause de mon incapacité à deviner ce genre de choses, ou alors si le prénom en lui-même n'aide pas beaucoup. En le prononçant dans mon esprit, je ne lui trouve aucune consonance voisine. Sa façon se décrire mon prénom me plait, je n'ai jamais pris le temps d'analyser celui-ci, étant simplement heureuse qu'il soit court. Il doit avoir raison, alors ce prénom me va plutôt bien, il correspond à ce que j'ai choisis d'être un peu malgré moi au final. Avoir été appelée autrement n'aurait surement pas changé grand-chose, quoique je suppose que j'aurais eu du mal à supporter quelque chose comme Monique pour ne pas citer pire, mais savoir qu'on pense ça quand on entend mon prénom me rassure.

Je le regarde encore, réfléchissant à mes mots tandis que je les prononce. « Lachlan. Je n'ai jamais entendu ce prénom avant. Peut-être parce que je n'ai pas suffisamment écouté. On pourrait croire qu'il appartient à une fleur, un arbre ou une plante, peut-être le nom d'une rivière. Il est assez rassurant et calme, apaisant. Il te va bien je trouve. » Concluant ma phrase de façon simple, comme je l'ai commencée. Les mots qu'il prononce me touchent, je les comprends. Sans aucun doute car ils traversent mon esprit en même temps que le sien. Ce serait la première fois que je n'assisterais pas à un lever de soleil ici, indifférente se contentant juste de regarder. J'ai presque peur de le voir arriver cette fois-ci. « Moi aussi. Je ne veux pas partir d'ici, je désire seulement rester à vrai dire. C'est tellement pessimiste de penser à la fin dans un instant pareil, pourtant nous nous y sentons obligés, comme amenés de force par nos consciences à ces conclusions. Je pense que c'est notre nature d'humain qui veut cela. » Tu t'arrêtes un instant, pour prendre le temps de réfléchir à la suite de tes idées, de les mettre en ordre.

Tu hésites un instant avant de poser ces mots sur ton état d'âme, tous ceux que tu n'as jamais voulu partager. « Je voudrais pourvoir arrêter le temps, mais peut-être vaudrait il mieux que je comprenne que c'est techniquement impossible. Alors, je vois les secondes défiler, sans pouvoir les retenir de quelque façon. En revenant dans la société normale demain, je pense que j'aurais l'impression, en observant toutes ces personnes dont nous avons parlé, que je suis à nouveau au point de départ. Perdue parmi tous les participants de la course, sans qu'aucun d'entre eux ne s'arrête pour m'aider. » Mes mains se crispent légèrement sur les siennes, prisent d'une sorte de peur ou simplement happée par le souvenir de la solitude. Elle est plus dure à accepter une fois qu'on s’aperçoit que cette dernière peut-être comblée. « C'est aussi pour cela que je ne veux pas partir. Puis pouvoir constater tout ce dont nous avons parlé serait assez dur, je les ignore d'habitude, ne prenant le temps d'y réfléchir que quand je suis totalement seule. » Le dernier mot sonne doucement; presque chuchoté tandis que mon regard se laisse lentement retomber au sol, exprimant peut-être ce que me fait tout cela, au final.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Sam 30 Nov - 21:28


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« Lachlan. Je n'ai jamais entendu ce prénom avant. Peut-être parce que je n'ai pas suffisamment écouté. On pourrait croire qu'il appartient à une fleur, un arbre ou une plante, peut-être le nom d'une rivière. Il est assez rassurant et calme, apaisant. Il te va bien je trouve. » Tu souris doucement, la serrant un peu plus dans tes bras. « C’est gentil … » Tu chuchotes, sincèrement. Et tu lui fais part de tes craintes, alors. Tu lui confies cet attachement naissant. Tu apprécies ses premières particularités qu’elle avait bien voulu te montrer, son regard sur le monde qui pouvait sembler étranger. « Moi aussi. Je ne veux pas partir d'ici, je désire seulement rester à vrai dire. C'est tellement pessimiste de penser à la fin dans un instant pareil, pourtant nous nous y sentons obligés, comme amenés de force par nos consciences à ces conclusions. Je pense que c'est notre nature d'humain qui veut cela. » Tu clignes un instant des paupières, analysant doucement. Ton esprit s’accorde à l’idée, à sa pensée. « Je voudrais pourvoir arrêter le temps, mais peut-être vaudrait-il mieux que je comprenne que c'est techniquement impossible. Alors, je vois les secondes défiler, sans pouvoir les retenir de quelque façon. En revenant dans la société normale demain, je pense que j'aurais l'impression, en observant toutes ces personnes dont nous avons parlé, que je suis à nouveau au point de départ. Perdue parmi tous les participants de la course, sans qu'aucun d'entre eux ne s'arrête pour m'aider. » Et ses mains se crispent sur les tiennes. Tu caresses ses doigts, doucement, tentant de l’apaiser. Espoir peut-être injustifié.

« C'est aussi pour cela que je ne veux pas partir. Puis pouvoir constater tout ce dont nous avons parlé serait assez dur, je les ignore d'habitude, ne prenant le temps d'y réfléchir que quand je suis totalement seule. » Le dernier mot résonne tristement. Doucement, lentement, tu te laisses à aller lui caresser la joue. Simple effleurement, avant de reposer tes mains sur les siennes. Doucement. « Peut-être que oui, d’un certain côté, demain sera un nouveau commencement. Quelque chose de nouveau, qui pourrait nous faire oublier tout ce qu’il s’est passé. Ou, au moins, le rebaisser au domaine du rêve, pour nous faire croire que rien n’a jamais existé. Ou que ce n'était qu’une étrange interprétation de notre subconscient fatigué. » Tu t’interromps un instant, alors. Juste un court moment, le temps de remettre en ordre tes idées. « Malgré tout, même si demain semble compliqué … Même s’il semble délicat de retourner à la société à présent … peut-être que nous pouvons garder en tête l’idée que nous existons mutuellement ? Qu’au moins quelqu’un partage les idées qui se bousculent dans nos têtes, et qu’il est prêt à écouter ? Et alors, en prenant compte ceci comme une de nos principales idées, nous ne serons jamais vraiment seuls. Peut-être que ce ne serait qu’une absence momentanée, à sa manière. L’absence de présence, la présence de l’absence. Celle qui malgré tout continu de nous accompagner. »

Peut-être que tu délires un peu. Tu ignores si elle allait réussir à suivre le fil de ta pensée qui, à toi-même, t’échappait parfois légèrement. Surtout sur le moment. « Mais peut-être qu’au milieu de nos craintes, il faut se dire que nous sommes là. Je pourrais toujours passer te voir, juste pour me rappeler encore à quel point c’est agréable de partager un même ordre d’idée. Juste pour avoir l’impression de me sentir écouté, et de pouvoir partager. Des heures durant, sans voir le temps passer. Pour apaiser nos craintes, les tiennes, les miennes, pour discuter de ce que nous appelons réalité. Critiquer un peu, beaucoup, et tenter de chercher des solutions pour tout faire changer. Certes, très souvent utopiques, mais qui nous maintiennent encore un peu en vie, avec de l’espoir au fond de nos cœurs esseulés. Même si le soleil se lève, j’ose croire que cela ne signifiera pas la fin totale et absolue de ce début. Je n’ai pas envie de disparaître, à présent. Peut-être que, quelque part, je serais tenté d’exister un peu plus réellement. » Tu aimerais savoir si l’idée est partagée. Tu l’invites à continuer, te taisant alors. Prêt à l’écouter.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mar 3 Déc - 0:49


 Enter the void 

Sa main passe doucement contre ma joue, apaisant par ce simple geste mes craintes. Un contact chaud et calme. Tandis que sa paume retourne à sa position initiale, je me dis celles-ci semblent bien immatérielles. On peut difficilement représenter ce genre de choses, cette peur de la solitude qui est toujours présente malgré tout le temps qu'on prend pour faire semblant de l'effacer. Car non, elle ne s'en va jamais, elle est toujours là. Seulement, certains l'oublient, se voilent la face plus facilement que d'autre. C'est une des caractéristiques des humains, ils sont naturellement sociable et être isolés, à l'écart de toute son espèce, ne peut le mener qu'à sa propre folie. Même les malades mentaux du genre psychopathe et les asociales, qui partagent généralement la même aversion pour l'humanité, souffrent de cette haine. Pas parce qu'ils sont tristes de ne pas être intégrés, loin de là. D'ailleurs, ce sont eux-mêmes qui s'excluent. Simplement car ils trouvent les autres... Inintéressant, pour la majorité. C'est assez dur de me mettre en abyme sur ce sujet, puisque mon avis est assez tranché, mais pour le coup je ne peux pas dire qui a raison dans cette histoire.

Et peu à peu, ses paroles doucement énoncées les unes après les autres me montrent qu'il a encore une fois compris, qu'il voit la même chose que mes yeux et que ça le met surement dans un état relativement semblable au mien. Que nos idées sont en phase, accordées les unes aux autres. Ça me donne l'impression qu'elles sont nées dans nos esprits ensemble. Peut-être qu'elles s'y sont immiscés au même moment, je ne sais pas et comment le pourrais-je ? Ce soleil qui semblait simplement menaçant pour cette soirée, pour cet univers partagé à coeurs ouverts, à l'aide de ses mots, Lachlan lui rend sa beauté et la promesse d'un spectacle merveilleux, secondes après secondes. Peut-être que je suis simplement trop négative, qu'au lieu de déjà me plaindre de sa possible perte future, je devrais me réjouir d'avoir pu le rencontrer, entretenir cette discussion avec lui. Seulement, mon esprit refuse, en demande plus, n'acceptant pas cette possibilité qui pourrait l'enterrer à nouveau. D'une façon, étant un peu égoïste, mais n'éprouvant que peu de remords, simplement attiré par l'idée de le garder auprès de moi.

Joyeuse en moi-même d'entendre ces mots, comme s'il m'accordait quelque chose que je lui avais toujours demandé. « Je veux que tu restes. Que l'on continue de parler, de partager, ou simplement de laisser le temps fuir d'entre nos mains. De me créer cet l'espoir, peut-être un jour vraiment réel et un peu aveuglant. De souffler, de murmurer... De ne simplement plus s'évaporer aux yeux de tous, savoir qu'on existe pour au moins une personne dans ce monde, car peut-être que c'est ce qui vaut le mieux, ce qui vaut le plus. » Cherchant un peu mes mots en relevant mon visage, pour exprimer mes envies me paraissant à moi-même un peu capricieuses, car, justement, ce n'est pas en demandant quelque chose qu'on l'obtient obligatoirement. Doucement, tandis que mon regard se perd à nouveau dans le sien, l'envie naît en moi de lui sourire. Peut-être que cala aurait le même effet apaisant que le sien a sur moi, seulement, j'ai peur que ça ressemble plus à une grimace qu'autre chose. De ne pas réussir à le faire, mes lèvres semblant ne jamais avoir été disposée à cela. « Je suis contente. » J'ajoute donc cette petite poignée de mot, pour partager mon état d'esprit qui ne veut pas s'afficher sur mon visage.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Dim 8 Déc - 16:13


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« Je veux que tu restes. Que l'on continue de parler, de partager, ou simplement de laisser le temps fuir d'entre nos mains. De me créer cet espoir, peut-être un jour vraiment réel et un peu aveuglant. De souffler, de murmurer... De ne simplement plus s'évaporer aux yeux de tous, savoir qu'on existe pour au moins une personne dans ce monde, car peut-être que c'est ce qui vaut le mieux, ce qui vaut le plus. » Tu souris doucement, apaisé par ses mots. Peut-être que ça te touche. Ces lettres, ces quelques phrases qui te chuchotent que tu peux, que tu dois rester. L’impression inexprimée de servir à quelqu’un, et d’avoir en ce monde toute ton utilité. L’idée rassurante de te sentir pratiquement complet. En accord avec toi-même et l’humanité. Et une sorte de sourire se dessine sur ses lèvres. « Je suis contente. » Tu ris doucement, nullement moqueur. Elle est jolie, ainsi, aussi. Tu te perds dans son regard bleuté. Glacé. Ses yeux océan, l’ombre ensoleillée. « Je suis heureux aussi, je crois. »

Tu lui offres un sourire, presque apaisé par l’étrange et peut-être compliquée simplicité. « Tu sais … Je pense que je n’ai pas envie, moins non plus de partir. Surtout si ça te donne le sentiment d’exister. Pour moi, tu es vraiment là. Enfin .. J’ose l’imaginer, et il est vrai que je crains quelque peu de te voir te lever, et disparaître dans la brume, tel un spectre qui aurait simplement illuminé quelques heures de ma journée, avant de se décider à partir, et à laisser le monde derrière lui, sans regret. » Tu termines presque dans un murmure, alors qu’encore une fois, ton regard se perd dans le sien. Tu te penches un instant, juste pour lui déposer un rapide baiser sur le nez, avant de te reculer, visage rieur, plutôt bien amusé par ton insouciante stupidité. « Désolé. » Sans l’être vraiment suffisamment, peut-être. Mais il restait tout de même certain que, malgré tes agissements, tu ne voulais pas la déranger, ni même la brusquer, ou l’offusquer pour quoi que ce soit. Jamais.

« Tu ne t’envoleras pas loin de moi si tôt, petit oiseau des bois ? » Peut-être quelques mots déguisés pour la supplier de rester. Pour exprimer l’envie toujours présente de vouloir rêvasser, converser sur ce monde chaque jour tout plein de nouvelles idées. Tu souffles doucement, lentement, avant de déposer ta joue contre son épaule, sans trop t’appuyer. « J’imagine qu’il sera bientôt là, n’est-ce pas .. ? » Amertume, impatience. Tendresse nocturne. Sans attache particulière aux nouvelles méthodes d’une société égoïste, visant uniquement à trouver un intérêt personnel dans chaque discussion. Personnel et outrepassant probablement la notion d’amitié pour n’importe laquelle de ces rencontres de soirées. Et loin de toi resterait cette idée. Surtout avec la jeune brune, l’oiseau fragile et délicat, avec laquelle tu ne voudrais pas tout gâcher. Et tu soupires doucement, contre elle, à ta manière, apaisé.


J'ai trainé, et je suis à moitié malade donc .. Je m'excuse si ce n'est pas super-super. mimi
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mer 11 Déc - 1:02


 Enter the void 

Son rire résonne dans le calme de la nuit et quelques instants plus tard, ses mots confirment l'état d'esprit qu'il a semblé exprimer lorsque sa voix a chassé le silence au loin. Apaisée, moi aussi, contre lui, je me contente de le regarder, de repasser une énième fois les traits de son visage ou peut-être de simplement en découvrir les nuances de couleurs, les ombres, influencées par la nuit qui avance à chaque seconde, la luminosité qui se transforme instant après instant. Sa peau blanchie par la douce couleur de la lune, ses lèvres étirées par son sourire euphorique et simplement joyeux qui me rassure, Lachlan se remet à parler, laissant ses pensées s'échapper sous la forme de mots, s'envolant lentement vers le ciel noir. Je comprends ses craintes, les ayant ressenties moi aussi. Redevenir un spectre qui s'échappe sans même sans apercevoir, semblant être guidée par un papillon imaginaire. Car oui, au fond je le suis toujours, mais pas avec lui, pas quand je suis au creux de ses bras. Parce que lui ne me donne pas envie de m'évaporer.

Et alors que sa phrase se termine en murmure, son visage s'approche du mien pour déposer un baiser sur mon nez tandis que mon regard légèrement surpris par ce contact se confond avec le sien joyeux, se reculant en un instant. Il s'excuse en un mot, simplement, sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. « Il n'y a rien à excuser. » Avec la même voix monocorde, les mots presque chuchotés, peut-être un peu teintés par des couleurs inconnues ce soir. Mes yeux encore égarés dans les siens, je me contente de le fixer calmement, sans vouloir l'effrayer ou le faire fuir, simplement pour partager nos regards encore une fois, serrant doucement ses mains entre les miennes, presque en essayant de le retenir, au cas où finalement il ne voudrait pas rester ici, il changerait d'avis et finirait par s'échapper comme la fumée qu'il avait soufflée tout à l'heure. D'autres mots lui échappent, me donnant l'impression que ces derniers touchaient mon coeur du bout des doigts. « Non, je ne m'envolerais pas, c'est promis. Je vais rester. » Simplement car l'envie profonde est de répondre Jamais, mais que j'allais bien finir par m'envoler définitivement un jour.

Sa tête s'appuie sur mon épaule, doucement, légèrement. Une question s'élève. Mes yeux retournent dans le ciel pour le scruter, presque l'analyser, laissant un silence confortable naître. « Je pense que oui. » Ce dernier semblait s'éclaircir, s'atteler à préparer l'entrée de son roi. Je laisse ma tête se poser au-dessus de la sienne, paisiblement, pour ne pas le brusquer ou le déranger. Fermant mes yeux pour simplement profiter du moment présent, peut-être pour les reposer quelques instants, car ils doivent avoir suffisamment vu pour la journée. « Ce n'est qu'une question de minutes, je crois. Ou peut-être d'encore une heure. » Le ciel noir est fort trompeur, il se transforme en seulement quelques instants. « J'ai hâte que tu le vois. » Je serre à nouveau des mains, heureuse de pouvoir lui montrer l'un de mes spectacles préférés, de savoir si cela va l'émerveiller autant que moi. Son avis ayant désormais une importance assez remarquable au sein de mon âme. Les yeux à présent clos, je profite du moment de silence, me préparant pour la jolie représentation à laquelle nous allons assister.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Ven 13 Déc - 16:30


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« Non, je ne m'envolerais pas, c'est promis. Je vais rester. » Elle te promet de rester. De ne pas s’envoler. Pas encore, pas tant que tu la retiendrais. Tu oses y croire, tu oses espérer. Et si elle voulait s’en aller ? Peut-être que tu la laisserais. Tout en lui laissant savoir que tu ne l’oublierais jamais. Peut-être. Si tu ne te laisses pas emporter par l’égoïsme, la gardant jalousement entre tes bras, sans laisser quiconque l’approcher. Diamant, joyeux fragile, volatile. Tu oses souhaiter que cette situation ne t’arrive jamais. Puisque, probablement que sans liberté, ton oisillon dépérirait. Les ailes arrachées, brisées, stagnant au fond de sa cage dorée. « Je pense que oui. » Tu fixes le ciel, un moment, cherchant à en percer les secrets. Âmes lointaines, envolées. Tu te demandes ce qu’il s’y passe, si tu dois te sentir observé. Probablement que non. Pas après toutes ces années passées à l’ignorer. Et finalement, tu clos tes paupière, au moins pour un court moment. Simplement pour immortaliser l’instant. Encore un peu, juste avant que tout n’éclate en morceaux. Dans la perfection à défauts. Celle représentant le monde dans lequel tu vivais, peut-être à demi-perdu. Finalement attrapé à l’arraché par la jolie dame à tes côtés. Et tu ne peux que songer à ses mains contre les tiennes, et ton envie certaine de vouloir un jour la retrouver. Pour, durant des centaines d’années, partager. Sans rechigner. Pour enfin te sentir complet, pour une nouvelle fois avoir l’impression d’être écouté. Et peut-être déchirerais-tu ciel et terre pour ne pas, comme jadis, céder à tes envies instables et tout faire échouer. Tu aimerais te promettre que tu y arriverais.

« Regarde, Sue. » que tu as fini par tout doucement lancer. Et, perçant entre quelques arbres du parc, apparaissait l’astre, énorme orange dorée, teintant le ciel d’une lueur ensanglantée. Tu observais, probablement émerveillé. Tu as laissé paroles aux oiseaux, qui semblant s’être doucement éveillés. Et voilà qu’ils carillonnaient un à un, emplissant tes oreilles d’une douce mélodie. Osmose parfaite, alors que ton être immobile était lentement absorbé. Et la boule de feu est rapide, s’élevant dans un ciel subtilement illuminé par les nuages rose-orangé. Comme si elle voulait être vue par des milliards d’éléments. Véritable course contre le temps. Elle s’envole, illuminant vos visages absorbés. Une nuit entière de patience pour ce splendide tableau peinturluré. Des traits de rose, quelques soupçons d’orangé, et au sommet, la fin d’une nuit, disparaissant, d’un bleu éclairé. Et probablement que tu te détestes pour ne jamais avoir pris le temps auparavant. Et tu laisses encore le silence un moment, le corps haletant, ému par le monde en mouvement, charmant. Par la beauté des choses, par la tendresse des instants. Et à présent ?

« C’est probablement l’une des plus belles choses que je n’ai jamais vue. » Tu souffles tes mots, au bout d’un long moment. Craignant de détruire l’harmonie des sons et des couleurs offerte par le jour levant. Aurore timide, se dévoilant seulement quelques instants. Et tes mains restant dans celles de ton oisillon, petit être tendre, fantôme retrouvé. « Probablement que je ne pourrais jamais te remercier assez. Pour m’avoir retenu, pour m’avoir permis de m’échapper, avec toi, au moins pour une nuit, de la société. Pour m’avoir posé, pour m’avoir, à ta manière, permis de profiter du temps, de le laisser s’échapper, au fur et à mesure, au fil des paroles échangées. Je ne pourrais jamais l’oublier. Au grand jamais. Probablement que c’est gravé en moi, maintenant. Le soleil qui s’élève avec sa douce rapidité, l’éclat de ton visage sous cette nouvelle luminosité. Beautés perdues, miracles surgissant subitement. Je ne voudrais jamais oublier. Je ne voudrais jamais te perdre, pas après ces charmants instants. Pas même auparavant. » Un sourire se dessine sur ton visage, alors que tu oses enfin perdre ton regard sur vos mains entremêlées. Tu souris, apaisé. Ému, peut-être. Finalement retrouvé, repêché dans tes idées. Et au fond de ton être, tu pourrais jurer que jamais, au grand jamais, tu ne laisserais le temps te voler ces instants ancrés dans ton cœur malmené.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mer 18 Déc - 15:20


 Enter the void 

Ses mots s'élèvent après un long silence, une attente paisible dans la noirceur du temps. Sans doute celle-ci avait été la plus agréable, la plus jolie de toute ma vie. L'obscurité se retire, avançant vers nous sans même que je ne m'en aperçoive. Ce sont seulement les raies miel et oranges pâles se profilant à l'horizon, qui me permettent de me rendre compte que le soleil prépare son entrée. Doucement des nuages peu épais, prenant une couleur rosée tel des morceaux de barbe à papa, viennent peupler le ciel. Ils sont éphémères, s'évanouirons bien vite en se dispersant dans l'air, mais pour le moment ils sont là, venant assister tout comme nous au réveil de la nature, qui a choisie de se faire attendre aujourd'hui. Peut-être que ces derniers ont attendu eux aussi tout ce temps, dans la nuit, veillant sur nos âmes blessées qui réussissent à lentement se sentir reposées. Alors que déjà, la luminosité est bien présente, sa couleur brûlante se profile dans le paysage. Jaune, rose et bleu au milieu des nuées blanches. Un si beau mélange, surement le plus ravissant que j'ai vu aussi, mais dans ce cas, la présence de Lalchan à mes côtés doit influencer cette perception.

Il trouve tout cela joli lui aussi, c'est même l'un des plus beaux spectacle qu'il ait pu observer. Une seconde, je lui rends mon regard tout en serrant ses mains, tellement heureuse d'entendre cette confession que j'ai désirée en l'emmenant ici. La suite, car ce silence n'était en réalité qu'une pause, ne fait qu'amplifier ce sentiment de plus en plus, le jeune homme dérobe mon attention portée au soleil, finissant par se l'approprier totalement à l'aide de ses phrases, tandis qu'un sourire apparaît sur son visage. « Merci à toi. Pour tes mots, s'additionnant les uns aux autres dans une jolie danse, peut-être une valse. Pour ta patience, ton calme, tes bras et ta présence, simplement. Je n'oublierais pas non plus, pas le plus agréable de tous mes souvenirs. Je resterais. De cette manière, nous pourrons essayer d'en créer d'autres. Des fragments de vie partagés, mélangés entre eux. Peut-être qu'ils seront mieux ainsi, plus plaisant. » Mon regard se blottit doucement dans le sien, presque pour lui demander si c'est quelque chose d'envisageable, si cela pourrait représenter un futur, un avenir qu'il accepterait.

Enfin, l'astre doré a achevé d'entreprendre le commencement de son grand parcours à une allure calme. Les nuages roses se sont finalement dissipées en renaissant sous des formes plus blanches, plus pâles. Je me relève doucement du banc, faisant face à ces derniers, les contemplant. Pendant un long moment, avant de lever mes mains au-dessus de mon visage, de mon corps, pour m'étirer, de la même façon que le ferait un dessin de fumée s'il le pouvait. Laissant mes mains retomber, amorties par l'air, la brise qui réussirait à les porter loin si je lui permettais. Je me tourne à nouveau face à Lalchan, observant son visage sans rien dire, laissant juste la paix perdurer. Peut-être une éternité serait mieux pour cela. Ma voix vient s'ajouter, peut-être gâcher tout cela, tandis que mes mains se lient à nouveau aux siennes, pour doucement le relever, le rapprocher de moi. « Voilà. C'est ce que je voulais que tu vois, que tu contemples comme moi je l'ai fait des centaines, sans doute des milliers de fois. Maintenant, à ton tour, montre moi ton lieu préféré, un endroit qui pourrait voir ton âme errer pour toujours. » Doucement, ne le quittant pas une seule seconde des yeux, par peur qu'il s'échappe si mon attention se voit être détournée.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Sam 21 Déc - 22:15


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Ses mains serrent les tiennes. Doucement. Tu te perds dans ses yeux brillants. Et elle t’adresse, à son tour, ses remerciements. « Merci à toi. Pour tes mots, s'additionnant les uns aux autres dans une jolie danse, peut-être une valse. Pour ta patience, ton calme, tes bras et ta présence, simplement. Je n'oublierais pas non plus, pas le plus agréable de tous mes souvenirs. Je resterais. De cette manière, nous pourrons essayer d'en créer d'autres. Des fragments de vie partagés, mélangés entre eux. Peut-être qu'ils seront mieux ainsi, plus plaisant. » Et naît alors la promesse des retrouvailles. Toi non plus, tu ne l’abandonneras pas. Tu ne pourrais pas. Tu plonges dans ses prunelles que tu imagines sincères. Avec cette particulière innocence. Joyeuse espérance. Puisque, toi-même, tu ne pourrais pas te passer de l’idée. Partager. Et tu souris, pour toute réponse. Simplement pour exprimer ta fidélité. Et la jolie femme s’est levée. Pour contempler les nuages naissants, le ciel rosé. Et tu as admiré sa silhouette sombre se détachant dans la douce luminosité. Elle est étirée. Grand chat noir effilé. Son corps s’est alors tourné vers toi, et ses mains ont attrapées les tiennes. Elle t’a relevé du banc, et quelques secondes plus tard, tu te retrouvais sur tes pieds. « Voilà. C'est ce que je voulais que tu vois, que tu contemples comme moi je l'ai fait des centaines, sans doute des milliers de fois. Maintenant, à ton tour, montre-moi ton lieu préféré, un endroit qui pourrait voir ton âme errer pour toujours. » Tu l’observes un moment, perdu dans tes pensées. Tout doucement, la société essaie de te rappeler. De te reprendre avant que tu ne réussisses à t’échapper. Maddy. La jeune femme à qui tu étais censé obéir. Puisque tu étais sa propriété. Et si tu t’évadais ? Juste pour une journée, juste le temps de t’effacer. Tu l’imagines tolérante. Suffisamment pour ne pas te dénoncer. Et au pire ? Il adviendrait ce qu’il adviendrait. Son père, la société te punirait. Simplement pour l’avoir abandonnée, dans l’envie de tenter de respirer.

Alors, ta main se glisse dans la poche de ta veste. Doucement, tu fais tinter les trois clefs entre elles. Pour vérifier sa présence, à elle. Le morceau de métal bleuté. Tu as cependant longuement hésité. Ignorant si c’était une bonne idée. Craignant ce que tu pourrais y trouver. « Je … Je pense que je sais où aller. » que tu as doucement murmuré. Et tu l’as attrapée par la main, pour l’entrainer au bout du chemin. Tu t’es arrêté à l’arrêt de bus. Juste quelques minutes, le temps de lui donner un de tes rares tickets, et d’y monter. « C’est probablement très différent de ce que tu m’as montré, tu sais. » Tu préviens, simplement, alors que tu l’entraînes dans le grand véhicule. « Et .. ça fait longtemps que je n’ai pas osé y aller. Peut-être que ça a beaucoup changé. » Et tu t’es tu, laissant défiler les arrêts. Ton regard se perd un instant sur tous les gens. Les traits tirés, le regard pressé, lassé. La démarche étrange, comme si demain, le monde allait s’arrêter. Si on ne faisait rien. Et il y en a plein, des hommes et des femmes plus ou moins bien habillés, des jeunes, des vieux. De toutes les sortes, de tous les âges. Tous condamnés. Peut-être que tu ne te sens pas bien parmi eux. « On se croirait hors du monde … » Probablement que tu es fatigué. Tu te demandes à quoi tu ressembles. Ce à quoi vous ressembler. Tous les deux, avec vos yeux cernés, fatigués, partagés entre la crainte et la joie de la soirée. « J’ai l’impression que … cette nuit, le temps, pour eux, s’est arrêté. Mais que nous, d’une certaine manière, en étant restés éveillés, sommes toujours dans la journée d’hier. Et que nous les observons recommencer un cycle, une journée des centaines de fois répétée. » Et alors, tu lui as fait signe. Comme quoi c’était ici que vous descendiez.

Et vous avez déambulés un long moment sur le trottoir, avant que tu ne t’arrêtes finalement devant un vieux garage. Tu as regardé autour de toi, avant de glisser la clef dans la serrure. Rien ne semblait avoir changé. Tu as jeté un coup d’œil vers Sue, d’un air mal assuré. Et finalement, après avoir pris une longue inspiration, tu as poussé la porte de tes souvenirs. L’endroit sentait le renfermé. Tu ignorais la dernière date à laquelle ils étaient passés. Tu ignorais la raison pour laquelle ils l’avaient gardé. Peut-être pour les souvenirs. Pour votre adolescence qui se cachait derrière, verrouillée, scellée par les clefs bleutées. Le deuxième garage. Celui de Melbourne, celui où tout, pour toi, avait semblé s’arrêter. « Viens … » que tu as tout doucement chuchoté. Et tu t’y es glissé, appuyant sur l’interrupteur. Beaucoup de choses étaient restées. Le vieux canapé. Quelques chaises. Les posters de tes rêves simplement imaginés. Les photos. Epinglées au mur. Mais les instruments avaient disparu. Tu n’en étais pas réellement étonné. Ils avaient dû les emporter avec eux, comme toi tu l’avais fait. « Peut-être que je n’osais pas revenir ici tout seul. Peut-être que n’avais-je pas le courage, peut-être que je ne voulais pas regarder les choses. J’attendais, probablement. Que l’occasion se présente, qu’elle soit réellement justifiée … »


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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mer 25 Déc - 12:58


 Enter the void 

Lachlan est debout devant moi, sans doute pensant à la dernière phrase que j'ai prononcé, à la réponse qu'il va me donner, au choix qu'il va faire. Un florilège de possibilités s'offrent à lui, ou alors il n'y en a qu'une seule qui lui semble évidente, mais l'hésitation s'abreuve de sa volonté. Ou bien, celle phrase-là aussi, je l'ai peut-être dite un peu trop doucement, je l'ai lâchée dans le vent qui l'a rapidement conduite au loin, perdue dans l'horizon qui avait, plus tôt, laissé apparaître le bel astre. Nous l'avions tellement attendu, espérant et maudissant sa venue à la fois. Hésitant comme le font la plupart des humains que nous avons critiqués. Ou simplement observés. Peut-être que c'était simplement cela au final, une vision des choses essayant d'être objective au maximum, sans prendre la peine de choisir si c'est bien ou mal, sans en avoir le pouvoir ou même la force. Car, mes mots dépeignent bien que je n'apprécie pas cette société, seulement, il y a comme des enclumes qui me donnent l'impression de ne jamais pouvoir la changer.

Sa main fait le court chemin jusqu'à la poche de cette veste qu'il porte, le jeune homme sait maintenant, il a choisi. Nos paumes viennent se joindre, comme si elles s'étaient quittées trop longtemps, trop rapidement. Lachlan me guide doucement, jusqu'à l'arrêt de bus, cet endroit aux bancs toujours froid. Je me demande un instant si les bus passent aussitôt, n'ayant pas pour habitude d'emprunter ces transports. Je marche à pied généralement, ma lenteur me faisant régulièrement arriver en retard. Un bout de papier, qu'il faut passer dans une machine pour pouvoir voyager dans le véhicule énorme. Ne comprenant pas tellement ce moyen de payement, je m'exécute quand même, prenant un petit moment avant de comprendre exactement ce qu'il faut faire tandis que le jeune homme me met en garde. Si pour lui, cela vaut un lever de soleil aussi beau que celui qu'on vient de voir, alors je n'avais aucune raison de m'inquiéter concernant la valeur du lieu. Sa conclusion tandis qu'il observe tous ces gens semblables à des pantins me fait m'évader doucement. Peut-être qu'il a raison, nous sommes encore au jour d'hier. Il devrait durer éternellement pour nous. Nous descendons et continuons notre chemin vers le lieu encore mystérieux à mes yeux.

Un petit garage dans lequel il m'invite à entrer, ce lien paraissant être remplis de souvenirs à ses yeux. Cela à un côté un peu magique dans lequel je m'égare, en entrant dans cet endroit qui a été figé dans le temps. Ma main glisse sur un mur tandis que mon regard se promène. L'atmosphère est calme, pausé. Quelques meubles traînent, servant à s'asseoir pour ne pas avoir à le faire directement sur le sol. Restant-là, muette, peut-être subjuguée. Un soleil en différent, dont les rayons sont tous les moments qui ont bien pu se dérouler à cet endroit. Un petit Eden sur terre sans doute. « J'aime bien cet endroit. Il est paisible, on a l'impression d'être isolé du reste de notre monde. Ça doit faire partie des choses qui le rendent si appréciable. J'ai l'impression qu'y rester des jours ne me pauserait pas de problème, alors j'imagine que pour toi ce sentiment doit être décuplé. » Car oui, il a eu l'air tellement hésitant sur le chemin, être ici doit représenter beaucoup à ses yeux. « Que représente ce lieu pour toi ? » Simplement murmuré, un peu curieuse. Peut-être trop. Sans doute. Malgré tout, c'est ainsi et m'en empêcher est fatiguant. Sans même qu'elle soit annoncée, la question a été posée, comme cela, dans cette pièce isolée de tout.




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Dernière édition par Sue Ukyo le Ven 27 Déc - 20:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Ven 27 Déc - 15:45


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« J'aime bien cet endroit. Il est paisible, on a l'impression d'être isolé du reste de notre monde. Ça doit faire partie des choses qui le rendent si appréciable. J'ai l'impression qu'y rester des jours ne me poserait pas de problème, alors j'imagine que pour toi ce sentiment doit être décuplé. » Tu souris doucement. Probablement qu’elle a raison. Tu oses la croire, presque sans hésiter. Lui remettant entièrement tes idées. « Que représente ce lieu pour toi ? » Tu l’observes un instant. Elle, puis la pièce entière. Alors, tu vas t’installer sur le canapé, tranquillement. Comme si tu étais déjà trop fatigué de tenir debout. Tu toussotes un peu avec la poussière qui s’en dégage. Tu fermes les yeux, un moment. Avant de perdre ton regard sur les photographies accrochées au mur d’en face. Un léger sourire, avec le souvenir, vient s’installer sur ton visage. Juste quelques secondes. Et tu soupires, doucement. Peut-être qu’au fond, c’est compliqué, tout ça. Peut-être que tu as besoin de temps.

« Je dirais … Je dirais que c’est une partie de mon adolescence, quelques années passées depuis un moment, tu vois ? Un endroit où on mêlait musique et amitié, et où j’aimerais vraiment pouvoir tout réparer. Me rattraper sur ce que j’ai fait, et pouvoir encore y passer une éternité. » Tu t’interromps. Ton ton hésite probablement un peu. Tu tournes les yeux vers elle, un instant. Avant de l’inviter à s’asseoir à tes côtés. Pour partager. Pour communiquer encore un peu, au murmure de vos idées. « J’imagine que c’est quelque chose comme … Une page que l’on ne veut pas tourner, mais dont nous n’osons pas non plus lire les dernières lignes, de peur d’être effrayé. » Tu poses ta tête dans tes mains, achevant alors ta phrase. Peut-être est-ce quelque chose comme ça. Ce genre de sentiment auquel tu tentais depuis quelques temps d’échapper. Tout en y étant déjà totalement enfoncé. Noyé. La crainte. « Tu sais, je pense que je pourrais y passer des années, mais pas tout seul. Ou du moins pas tant que tout ne sera pas réparé. Je craindrais de me retrouver avec mes démons, et … Je ne songerais pas qu’aux meilleurs moments du passé. Je me perdrais doucement dans la peur, dans l’angoisse. Je m’en voudrais probablement un peu plus fortement que je ne le fais déjà. Réellement. Mais .. Disons que ne pas être seul est plus rassurant, d’une certaine manière. » Et tu lui souris, doucement. Du mieux que tu peux, malgré ton hésitation du moment.

« On avait des rêves, tu sais. On voulait aller par-delà des mers, traverser les océans. On voulait voyager, et écouter les sons, faire partager notre musique avec les autres continents. Il me semble qu’ils y sont arrivés. Puisqu’ils ne sont pas là, puisque c’était vers cette route que les choses semblaient se tourner lorsque je les ai quittés. Il faut croire que tout c’est bien passé, non ? » Et tu t’arrêtes presque ici. Un demi-sourire sur le visage, comme si tu avais besoin de mots. D’une quelconque confirmation pour te sentir rassurer. Comme si tu avais besoin de tonnes de paroles pour avoir l’impression d’exister. « Je pense que … C’est difficile, parfois, de laisser aller le passé. Toutes ces choses, qu’elles nous aient comblés ou blessés. Comme si on ne voulait pas s’en détacher, comme si on vivait dans un autre temps, sans jamais vouloir progresser. Pour ne pas avoir à observer la réalité. »

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Jeu 2 Jan - 4:32


 Enter the void 

Lachlan s'assied sur le canapé, meuble le plus plantureux de la pièce, dans un mouvement léger, calme. Quant à moi, je suis légèrement perdue dans cette salle inconnue semblant à elle seule renfermer une quantité de trésors inestimables. Les souvenirs, piliers de nos existences sont généralement composés de rires, de moments neutres ainsi que de pleurs. Si l'on enlève l'un des trois, la pyramide s'écroule et les deux seuls restant n'ont plus un goût aussi prononcé, ils deviennent simplement fades. Dans mon cas, j'ai dans le passé toujours eu l'impression que mon existence n'était peuplée que de moments neutres, sans joie ni désespoir particulier. Le regard du jeune homme s'évade sur des photos et il commence son histoire tandis que je le rejoins sur le genre de causeuse ancienne. Une fois assise dessus, j'ai presque l'impression d'être sur un nuage. Il continue de raconter la légende, en quelque sorte, de cet endroit. Mes yeux suivent les siens, doucement enivrés par le presque conte moderne. Peut-être que le fait de lui poser la question n'était pas une bonne chose, qu'il allait se remémorer de mauvais moments, ce qui n'avait rien à voir avec le but initial de ces mots, de toutes ces paroles échangées au fil de la nuit et à présent du jour.

De longues minutes, de longues heures qui pourtant n'avaient semblé durer qu'un instant, une respiration. Entendant et par-dessus tout écoutant ses paroles tandis que je trouve refuge dans son regard, d'une certaine façon. Voulant lui montrer que je suis vraiment là, que je ne partirais pas. C'est sans doute la promesse la plus arrogante à faire, car le hasard aime se jouer de ceux qui tiennent de tels discours, ceux qu'on entend presque jurer leur immortalité. Seulement, ce n'est en fait qu'une illusion et la corde se coupe, laissant le sol se dérober sous les pieds du menteur. Alors, ne pouvant pas certifier ma présence éternelle, je me contenterais tenter, d'essayer de lutter, aussi longtemps qu'il se peut. En espérant de tout mon être qu'il ne m'en voudrait pas, si un jour je venais à être ramenée à la terre, aux cendres et à la poussière. Peut-être aussi que ce n'était pas un sujet dont nous devions parler, afin de se voiler la face tant que faire se peut, mais la seconde solution me parait trop facile pour avoir une bonne résolution. Les meilleurs chemins spirituels sont généralement parés d'embûches, afin que le but recherché soit mérité avant d'être atteint.

Doucement, mes lèvres s'entrouvrent quelques instants après que les siennes se soient refermées. « Le passé... Il nous échappe, pourtant ça doit bien être la chose qu'on souhaite le plus modifier, posséder afin de parvenir à jouer avec. Vivre toute une vie d'une façon, avant de repartir du début et de recommencer autrement. Peut-être qu'ainsi on finirait par savoir quelle est la plus belle existence à mener. Ou ne pas mener, finalement. » Mon regard qui s'était évadé lui revient, alors que je m'aperçois avoir dit tout haut ce que je croyais seulement penser. Hésitant un instant par rapport au fait de m'excuser ou non, ne sachant pas si finalement cela possède un vrai sens, une véritable signification. Le plus étonnant était sans doute que je ne parlais pas pour mon propre cas, j'essayais juste d'imaginer ce que pensait toutes ces personnes désirant rattraper le temps. Car n'ayant pas vécu, je n'ai rien à corriger. Aucun événement durant lequel il m'apparaît avoir pris une mauvaise décision concernant ma propre personne. Ou sans doute trop finalement, que j'avais bousillés malgré moi car je ne connaissais pas le chemin qu'il fallait prendre.

« ... Tu te sens bien ici ? Tu veux rester ? » Je pose la question, n'était toujours pas certaine de ne pas lui avoir ou non insufflé de tristesse tout à l'heure. « Je me suis toujours demandée ce que cela pouvait faire d'avoir un lieu de repaire comme celui-là, un endroit dont on ne pourrait pas supporter la destruction. Dont l'effondrement briserait une partie de mon âme. » Étalant mon manque de connaissance dans le domaine sans en avoir honte, sans vouloir l'excuser ou trouver des justifications à ce dernier. Car de toute façon il n'y en avait pas. « Cet endroit à l'allure de quelque-chose de presque immuable, un lieu miraculé et pourtant presque abandonné. Je viens à peine de le découvrir et j'ai pourtant l'impression qu'il n'a jamais changé. » Ma langue d'habitude terrée tranquillement se délie à présent pour lui confier ce que je pense en ce moment précis. « Les instants sont plus paisibles en ce lieu, comme si rien ne pouvait l'atteindre. Protégé de tout et du néant à la fois. » Posant doucement ma tête sur son épaule, je me sens en sécurité, à nouveau apaisée après la traversée de la ville.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Ven 3 Jan - 16:38


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« Le passé... Il nous échappe, pourtant ça doit bien être la chose qu'on souhaite le plus modifier, posséder afin de parvenir à jouer avec. Vivre toute une vie d'une façon, avant de repartir du début et de recommencer autrement. Peut-être qu'ainsi on finirait par savoir quelle est la plus belle existence à mener. Ou ne pas mener, finalement. » Tu hoches la tête, un léger instant. Accordé à son idée, convaincu, probablement. « Mais peut-être qu’au final, vivre des centaines de tentatives de vie différentes ne ferait peut-être que de nous emplir un peu plus de regrets. Il y a peut-être quelque chose de bon, au final, dans le fait que nous ne puissions rien y changer. » Même si vous deviez y vivre accrochés, enlisés. En dépendant parfois de ce qu’il racontait, probablement. « ... Tu te sens bien ici ? Tu veux rester ? » Tu hausses les épaules. Un instant. « Ca me rappelle des choses mais … J’imagine que je ne me sens pas trop mal. Ça me fait .. plaisir, d’une certaine manière, de partager les choses avec quelqu’un, à nouveau. »

« Je me suis toujours demandée ce que cela pouvait faire d'avoir un lieu de repaire comme celui-là, un endroit dont on ne pourrait pas supporter la destruction. Dont l'effondrement briserait une partie de mon âme. » Tu te perds dans son regard, un instant. Cherchant pendant un court moment tes mots. « Peut-être que … Ce serait pour toi comme vivre dans un lieu sans lever de soleil. Sans jour ni nuit, sans rien à regarder. Comme si tu te trouvais dans une sorte de cavité profonde, avec l’interdiction formelle, si la boule enflammée existe encore, de la regarder. » Tu ignores si tu es réellement clair dans tes idées. Si les choses peuvent se comparer. Peut-être. Tu veux bien y croire, sur le moment. « Cet endroit a l'allure de quelque-chose de presque immuable, un lieu miraculé et pourtant presque abandonné. Je viens à peine de le découvrir et j'ai pourtant l'impression qu'il n'a jamais changé. » Tu souris un instant, secouant négativement la tête. Non, en effet. Rien ne semblait avoir véritablement changer depuis que tu l’avais quitté. « Les instants sont plus paisibles en ce lieu, comme si rien ne pouvait l'atteindre. Protégé de tout et du néant à la fois. » Et à nouveau, sa tête se dépose sur ton épaule. Doucement. Presque tendrement, probablement. « J’imagine que c’est ce que j’ai toujours aimé ici. Cette impression qui me fait me sentir hors du monde, protégé de ce qui vit au dehors. Cet amas de souvenirs, qui veut, malgré tout ce qui pourrait lui arriver, ne pas s’effacer. »

Et ta main attrape la sienne un instant. Doucement. « J’imagine que … Nous avons besoin de quelque chose à laquelle nous pouvons nous attacher suffisamment, quelque chose de stable, d’immuable, sur laquelle nous pourrions, dans tous les cas, nous reposer, ou venir y chercher refuge. Non ? Je pense que nous avons besoin de situations qui nous apaisent, qui ne nous feront pas défaut, peu importe ce qu’il adviendra. Comme ici, ou comme l’éternel levé du soleil. Et peut-être que le fait que nous ne puissions pas, malgré tout, y avoir constamment accès renforce ce sentiment, cette impression qui nous fait vénérer, d’une certaine manière, la chose qui nous ait donnés. » Et tes yeux se perdent encore sur les photographies. Sur les histoires du passé. Peut-être qu’il y a encore des tonnes de choses à y ajouter. Des moments à partager, à découvrir ici. Des instants encore cachés. « Malgré tout, je pense que l’endroit mérite encore d’évoluer. Qu’on souffle la poussière qui le recouvre, pour faire éclater le passé, et peut-être donner lieu à un présent, un futur, éventuellement. Une nouvelle vie, en quelque sorte, un renouveau, sans pour autant changer complètement ce qu’il était auparavant. »

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Dim 5 Jan - 18:18


 Enter the void 

Ses paroles me font comprendre, je devine le sentiment qui l'envahirait si ce lieu venait à disparaître. Ce serait comme une maison, un vrai et le seul chez soit qui aurait été rayé de la surface du globe, de l'univers tout entier. Comme si toute une part de son existence était niée et abolie, d'un simple revers de la main. Cruel et froid, car ils le sont toujours. Seulement dans mon cas, il serait dur de supprimer le soleil, bien que facile de m'enfermer dans une petite boite sombre et étriquée. Alors, oui, j'interprète, je ressens la valeur de cet endroit encore mieux à présent. Une sorte de magie. La main le Lachlan attrape la mienne doucement tandis qu'il continue de parler. C'est vrai, sans un repaire nous devenons tous fous. J'ai sans doute choisi le plus certain, celui qui ne m'échappera pas, ne s'évadera pas d'entre mes doigts, finement, pour aller se briser dans des millier d'éclats. Ces derniers se plantant sans doutes dans mes chevilles, car lorsqu'on lâche un objet au sol, il est rare qu'il n'y ait pas de dégâts par la suite. Le bruit est pourtant apaisant, j'ai comme l'impression qu'il emporte notre colère avec lui.

Ses derniers mots me font réfléchir, je me relève doucement, quittant son épaule, mais gardant sa main dans la mienne, car non je ne voulais pas m'enfuir. « Alors... » Un seul mot au départ, mon regard se posant sur les meubles en effet très poussiéreux. Ils sont pourtant bien conservés, le temps leur a juste déposé un voile, presque pour les abriter, peut-être ? La poussière est en fait quelque chose d'assez fascinant à mes yeux. Je pose ma main sur un de ces objets d'aménagement, avant de relever celle-ci et de tourner ma paume vers moi, afin d'observer cette dernière un peu grise à cause des amas formés par les jours, les mois et sans doute les années. Presque de jolies cendres. Un instant, je me demande d'où elle peut venir. « Peut-être de Russie, ou d'Amérique... Il est même possible qu'elle ait fait le tour du monde. » A mi-voix. Je n'ai jamais vu de poussière disparaître, juste s'envoler, s'échapper. Alors, à mes yeux c'est une sorte de matière éternelle, magique elle aussi, tout comme les cendres. La seule différence est que les cendres contiennent en général, quant à elles, des secrets.

Je souffle sur ma paume pour l'aider à s'évader, à s'envoler comme une grande, elle sera capable de faire le reste toute seule, puis me retourne légèrement surprise vers Lachlan, remarquant que je m'étais faite distraire et était sans doute partie dans des réflexions lointaine durant un temps indéterminé. Des problèmes de concentration, selon la plupart des gens qui m'en ont parlé. Cette dernière attirée par tout est n'importe quoi à chaque instant. C'est assez amusant de remarque que c'est surtout le n'importe quoi, qui la fait venir. « Désolée. » Penchant la tête doucement. « Je disais donc... » Levant les yeux au ciel pour essayer de retrouver mes mots qui ne sont pas bien loin. « Ah oui. Nous n'avons qu'à leur donner un futur maintenant, je peux t'aider. » Et sans doute je le veux aussi. « Après tout, il suffit de dépoussiérer, de peut-être bouger les meubles. Ce que tu souhaites au final, car c'est ton endroit à toi, alors que veux tu en faire ? C'est probablement la vraie question. Jeter ce que tu veux, ou tout garder. » Ne sachant pas ce qu'il veut, je suppose, je propose.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Ven 10 Jan - 22:55


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Et l’être fantomatique s’était levé, doucement. Elle n’a pas lâché ta main, alors que sa voix s’élevait dans un murmure. « Alors... » Tu restes là, à capter ses mots. Suspendu à ses lèvres pour l’éternité. Et ses yeux semblent se perdre dans la pièce, avant que sa main ne glisse sur un meuble à sa portée. Puis, sans un mot, tu la regardes observer. Tu n’oses briser le silence, la laissant dans son univers d’idées. « Peut-être de Russie, ou d'Amérique ... Il est même possible qu'elle ait fait le tour du monde. » Peut-être que tu ne comprends pas exactement ce qu’elle murmure, sur l’instant. Peut-être que la fatigue a raison de toi, mais tu ne cesses de la dévorer des yeux. Comme si ses paroles étaient une formule magique, qui, bien interprétée, avait le pouvoir de changer le monde, et la vision des Hommes qui y vivaient. Pourquoi pas, tu te dis. Après tout, les choses pourraient bien, un jour, être ainsi. Et elle souffle sur la poudre, la laissant s’envoler dans l’air environnant. Et voilà que son regard se tourne vers toi. Elle semble surprise, alors que tu souris doucement. Peut-être gentiment amusé, d’un certain côté. Sans vraiment te moquer pour autant. « Désolée. » Et tu hausses les épaules. Pour lui montrer que la chose n’allait pas te perturber plus que ça. « Ça avait un côté … Magique, peut-être. Comme si tu étais dans ton monde à toi, sans que personne ne puisse t’en tirer. Dans des beaux rêves, dans un monde qui semblait toucher l’éternité. » Et tu achèves tes mots dans un sourire, alors que tu la laisses continuer.

« Je disais donc... » Ses yeux plongent vers le plafond. Et tu ne la quittes pas des yeux, cherchant à voir le fil de ses idées. Silencieux. « Ah oui. Nous n'avons qu'à leur donner un futur maintenant, je peux t'aider. » Tu l’observes, quelques secondes. Cherchant où ses mots veulent te guider. Et tu te laisses conduire, sans presque te poser de questions. Fasciné par l’idée. « Après tout, il suffit de dépoussiérer, de peut-être bouger les meubles. Ce que tu souhaites au final, car c'est ton endroit à toi, alors que veux-tu en faire ? C'est probablement la vraie question. Jeter ce que tu veux, ou tout garder. » Et tes yeux glissent sur les objets peuplant le garage. Et tu songes, peut-être un bon moment. Tu te perds dans tes pensées, dans des idées dont tu oublies le fil à peine quelques secondes après qu’elles ne soient émise dans ta tête embrumée. « C’est une bonne proposition. » Tu finis tout de même par murmurer tes mots, peut-être un peu trop doucement pour qu’elle n’entende vraiment. Peut-être craintivement, d’une certaine manière. Tu l’ignores, encore. « Peut-être … Qu’on pourrait tout garder. Pour ne pas jeter des souvenirs, pour essayer de conserver un maximum de choses. J’ignore si on peut déplacer des choses, mais au moins dépoussiérer, oui … Ca redonnerait un peu de nouveauté, je crois. » Tu souffles tes mots doucement, en l’observant.

Et un léger sourire vient se dessiner sur ton visage, en y pensant. Même si l’action pourrait être délicate, par moment. Et pourquoi pas, finalement. « Maintenant ? » Tu questionnes, au bout d’un instant. « Ou … Plus tard, lorsque tu auras le temps, lorsque nous aurons l’envie, et la possibilité te revenir ici ? » Lorsque vous aurez au moins un chiffon, peut-être aussi. Mais tu tais ton observation. Tu imagines qu’au moins, ce serait toujours une occasion pour croiser à nouveau son chemin, et faire un peu plus profondément connaissance avec les idées qui pourraient se mêler à votre destin. « Peut-être … Peut-être qu’on pourra ouvrir la porte, et laisser l’air entrer. Juste pour commencer. Même sans rien entreprendre niveau nettoyage. On pourrait juste laisser l’air extérieur s’infiltrer à nouveau, pour redonner du souffle à la salle. Pour la laisser respirer, un peu. Apaiser les tensions du passé, et apporter un peu de fraicheur. Non ? » Et à tes mots, tu te lèves un instant, lâchant sa main, juste pour aller pousser le battant, que tu as calé avec un pavé qui attendait près de la porte. Tu t’es retourné vers elle, admirant un instant la lumière extérieure s’infiltrer. « Peut-être que c’est peu mais … C’est déjà ça, non ? Une porte ouverte peut laisser de bonnes opportunités pour renouveler le passé, et chercher des nouveaux mots pour écrire ce qui pourrait venir après. » Tu te perds peut-être un peu dans tes idées. Mais tu aimes bien l’imaginer. Cette porte donnant sur l’extérieur, offrant un nouveau chemin pour continuer. La lumière au bout du tunnel, en quelque sorte. Peut-être. Et tu lui souris doucement, alors que ta main vient reprendre la sienne. Peut-être prêt à affronter le monde entier.

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Enter the void [avec Lachlan]

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