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Enter the void [avec Lachlan]

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Sue Ukyo
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AVATAR : Alma Helgesson
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ADRESSE : Dans un petit appartement pourris, qui pourtant refuse de tomber en ruine, de s'écrouler dans un soupir.
MessageSujet: Enter the void [avec Lachlan] Mar 24 Sep - 5:04


 Enter the void 

Je relève la tête doucement. Mes yeux sont à peine ouverts, seulement assez pour que je puisse apercevoir ce qui m'entoure. En réalité je n'ai même pas besoin de ces détails, je le connais par coeur cet appartement presque vide. Il y a un grand (ça doit bien être la seule chose ici qui le soit) matelas qui traîne négligemment par-terre. Fait d'un blanc sale, ce dernier n'est même pas vraiment contre le mur. Il n'y a rien d'autre qu'une pile de linge, surtout des t-shirts trop grands, tombant jusqu'à la fin des hanches, deux pantalons et un legging. Lentement, mes bras se hissent au-dessus de ma tête, se croisant l'un l'autre afin de me permettre de m'étirer. D'où viennent ces affaires déjà ? Elles doivent dater de l'époque où je vivais encore avec ma famille. Non, j'oubliais que tout avait volé jusqu'à la poubelle il y a bien longtemps. Je me lève, j'ai dû m'assoupir durant quelques instants puisque le soleil est déjà levé depuis longtemps. Ma notion du temps n'a jamais été opérationnelle. A chaque battement de paupières des dizaines de jours peuvent se succéder dans mon esprit, rien ne change, tout est à sa place. Comme tout le temps. Il n'y a pas un objet qui bouge de ne serais-ce un millimètre. Cela donne en quelque sorte une notion d'infinité.

J'attrape un haut, le premier qui me passe sous la main, ainsi que le legging. Totalement vêtue de noir, comme sortie du cimetière. Le cri des corbeaux résonne doucement dans ma tête. Je passe les vêtements sur ma peau déjà froide, visiblement prête à subir la déconnexion de mon cerveau à tout moment. Et ce qui s'en suit évidemment. La fenêtre est restée ouverte, laissant entrer une odeur agréable de pluie. Je reste sous l'emprise de ce parfum enivrant durant quelques secondes. Ce temps a quelque chose d'apaisant, bien que je ne donne pas l'impression d'avoir besoin d'être calmée. Plus réveillée si l'on devait trouver le terme qui convient, mais quand on en est à ce point-là, même une seringue d'adrénaline plantée dans le coeur n'y fera rien. Le métal froid de la poignée s'accroche à ma peau, la porte se claque derrière moi, le son résonnant à la façon d'une chorale pendant toute ma descente dans la cage d'escalier.

Le sol est encore mouillé visiblement. Je ne fais pas attention aux flaques d'eau, j'avance juste pour atteindre l'endroit dans lequel je travaille. C'est un bar, j'y officie en tant que serveuse. Tous les jours, d'autres cadavres s'y mouvent, peut-être plus expressifs que moi, mais pas avec une once de vie en plus. Je tire la porte, celle-ci est trempée. J'entre dans le lieu baigné d'une lumière chaude, croisant le regard de celle que je remplace. Cette dernière se précipite pour prendre ses affaires et part avant même que je n'aie eu le temps d'arriver jusqu'au comptoir. Je noue dans mon dos son tablier qu'elle a laissé traîner négligemment. Elle a dû essuyer du whisky avec, vu l'odeur forte qui s'en dégage. Il n'y a pas tellement de monde bien que la plupart des tables soient occupées. Beaucoup de personnes sont venues seules, sans aucun doute pour s'assommer avant de rentrer chez eux. Je me place derrière le comptoir, passant une main dans mon cou, déjà fatiguée avant même d'avoir commencé.

Doucement, mes yeux parcourent la salle. Ils glissent sur chacun des visages, me remémorant ce que je sais d'eux. Je suis plutôt observatrice, le problème c'est que ça ne s'associe pas très bien avec le fait que je ne m'intéresse pas aux autres, donc cette capacité est souvent foutue au placard de mon esprit. Le fonctionnaire là-bas est marié, mais ne porte pas son alliance lorsqu'il vient, cette femme déjà assez âgée est sous antidépresseurs et lui... Et lui me regarde aussi. Je penche la tête en continuant de le fixer pendant un certain temps. Il a des tatouages plutôt colorés sur les bras, ils donnent l'impression d'être coupés par son t-shirt ainsi que des yeux de drogué. Je ne vous parle pas des mecs qui viennent seulement de fumer et ont des pupilles dilatés ou autre, lui est un habitué et ça lui a laissé certaines marques caractéristiques. Je ne pense pas que ce soit un mal, certaines personnes en ont vraiment besoin pour vivre mieux. Pour survivre, pour supporter tout ça. Moi je suis déjà tellement loin naturellement que je suis certaine que je finirais par voir le monde totalement filtré en noir et blanc si j'en arrivais au même point que lui.




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J. Lachlan Owens
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Ven 27 Sep - 21:22


we are the reasons for tomorrow's end.

Ton doigt glisse doucement sur le rebord de ton verre. Tu te surprends à observer distraitement le liquide coloré, sans vraiment songer à changer ton occupation. Tu te t’interroges. Tu te demandes jusqu’à quand Maddy acceptera de croire à tes mensonges. Jusqu’à quel moment elle décidera de fermer les yeux sur ce que tu étais réellement. Tu avais prétexté avoir besoin d’argent pour t’acheter de quoi subvenir à ton existence. Ce n’était pas vraiment mentir. Sauf peut-être que tu ne te procurais peut-être pas réellement ce qu’elle s’imaginait. Abus de confiance ? Tu l’ignorais. Mais probablement que tu te jouais de ses yeux encore aveuglés par l’innocence. Uniquement dans le but de te plonger un peu plus profondément dans cette lente décadence. Et tu t’accroches presque à elle. Brindille fragile. Tu crains l’idée selon laquelle la faire tomber à tes côtés serait empli de facilité. A moins que l’oisillon blond ne détienne en lui la force pour te relever. Alors que ce petit être ne demande qu’à planer à tes côtés. Sadique désillusionné. Tu as soupiré, vidant une partie de ton verre d’une gorgée. Peut-être devrais-tu simplement songer à profiter de la liberté qu’elle t’accordait.

Tu as relevé la tête alors qu’elle traversait le bar animé. Toute de noir vêtue. Ses pas laissent une trace mouillée sur le pavé. Tu l’as accompagnée du regard jusqu’au comptoir d’où son « amie » s’était déjà éclipsée. Sans façon. Le monde joue avec le temps, cherchant à le devancer, alors qu’il avance à reculons. Pour de bien stupides raisons. Et c’est ce que ton entourage appellerait évolution. Courir après des hommes qui explosent dans notre maison. Tu ne cesses d’observer la jolie brune, silencieusement. Fixement. Peut-être que c’est dérangeant. Probablement. Tu aimerais t’abreuver de connaissances à son sujet. Comprendre ce que cachent ses prunelles dénuées d’expression. Fantôme d’apparence vidée. Tu te laisses imaginer. Tu cherches doucement à deviner ce que recouvrent ses muettes pensées. Ses yeux ont rencontré les tiens. Sa tête s’est doucement penchée sur le côté. Tu souriais. Simplement pour elle. Peut-être dans l’espoir de déclencher chez elle un semblant d’émotion. Tu te questionnes encore. Tu te songes à lui adresser la parole. A établir un semblant de dialogue.

Tu t’es doucement levé, quittant un instant la table à laquelle tu t’étais installé. Peut-être simplement pour vérifier que tu ne titubais pas encore assez pour continuer à marcher. Et tu as déposé ton verre de bière vide sur le comptoir. Simplement pour la sympathie de le rapporter. Simplement parce que tu n’avais pas envie de héler quelqu’un d’autre que la brune en tablier. « Est-ce que … Je pourrais en avoir une seconde, s’il vous plait ? » Tu as demandé, avec presque une certaine timidité. Tu t’es doucement accoudé sur le comptoir, un instant. Ne songeant, sur le moment, pas à la possibilité de décamper. Probablement que tu devrais abandonner ta table, pour venir t’installer par ici. A portée de voix. Pour aider les mots à s’échanger. Tu as de l’espoir. Quelque chose que tu as attrapé dans son regard. Peut-être que tu aurais dû l’attendre. Histoire de l’inviter dans un coin un peu plus charmant que ce bar regroupant des existences désespérées. Mais peut-être craignais-tu de la voir s’échapper. Qu’à son habitude, elle s’évapore au détour d’une porte subitement fermée. Et finalement, tu t’es installé sur un siège qui s’était libéré. Tu songes à exprimer tes pensées. Lentement. Un instant. Mais ne te viennent à l’esprit que des banalités. « Sourie délicate dans ce monde empli d’étrangetés. Non .. ? » Voilà les mots que tu avais fini par doucement murmurer. Balancés à l’arrachée, comme si elle allait saisir le sens de tes idées déjà embrumées..

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Sue Ukyo
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Ven 27 Sep - 23:36


 Enter the void 

Je continue de le regarder tandis qu'il pousse sa chaise. Le bruit du raclement sur le sol parcoure la salle sans que personne n'y prête tellement attention. Les clients présents ne remarqueraient pas un meurtre, trop obnubilé par leurs pensées. Le jeune homme m'avait souri. Surement un peu étonnée, je tente en vain de comprendre comment fonctionne cette réaction. J'ai déjà essayé de tirer sur la commissure de mes lèvres devant un miroir pour voir ce que ça donnait, mais le résultat n'était pas concluant. C'est demander beaucoup que de s'attendre à mieux de la part d'un cadavre. Il se lève d'une façon assez calme, presque aérienne. Je me demande de temps en temps si je ne vois pas les choses avec une perception différente de celle des autres humains. Tant de gestes me semblent ralentis, figés. Peut-être sont-ce mes yeux qui ne capturent pas assez d'images ou en manque certaines quelques fois. Ça ne peut pas être considéré comme une explication logique pourtant elle est pour moi la seule réelle. Si on oublie la possibilité que ce soit mon cerveau qui fonctionne trop lentement.

Il s'approche doucement du comptoir, son verre dans la main. J'entends le tintement de ce dernier sur le bois du bar. Je relève mes yeux éteints, observant son visage plus facilement pendant qu'il parle. J'attends un instant, avant de me tourner pour sortir du réfrigérant la boisson alcoolisée que le brun attend. Je la pose en face de lui, puis plie mes genoux face aux placards pour réussir à trouver un des décapsuleurs qui, selon les dires des autres serveuses, ont des jambes. Chacune les range à un endroit différent et aucune n'a encore proposé de les regrouper dans une sorte de tiroir, ou bien un vide poche pour qu'il soit plus facile d'accès. Ce simple exemple suffirait pour faire d'un homme qui n'a déjà pas beaucoup d'espoir en l'humanité un misanthrope. Je n'ai pas d'avis là-dessus, j'attends juste, comptant jours après jours, d'entendre une d'entre elles se rende compte que faire cela serait plus simple, sans oublier qu'il est aussi probable que ça n'arrive jamais. Suite à plusieurs poignées de secondes, je me redresse et retire enfin la capsule de la bouteille afin de verser le liquide dans son verre.

Voir l'alcool couler me fait réaliser que la pluie a recommencé dehors, elle cogne contre les vitres. Le sol doit surement ruisseler. Je me retourne vers la réserve de bouteilles après avoir jeté la capsule et replacé négligemment l'outil, nettoyant ou replaçant ce qui est resté sorti, jusqu'à ce que je l'entende murmurer. Je redresse la tête et me retourne pour poser à nouveau mon regard sur lui. Il l'a pourtant dit si doucement. Je pose mes coudes sur le plan de travail, me plaçant en face du jeune homme, réfléchissant à ce qu'il vient de dire en continuant encore de le fixer, donnant presque l'impression de ne pas cligner des yeux. « Ça doit être cela. » Dis-je sans quitter ma position, déposant ma tête dans le creux de ma main au bout d'un temps. J'entre-ouvre la bouche pour dire quelque chose, hésitant durant quelques secondes. « La souris doit alors paraître étrange aux yeux du monde n'est-ce pas ? Elle n'a pas tellement envie de vivre avec lui, elle ne le comprend pas. » Je détourne doucement le regard, le laissant se placer sur une vitre et la fixant intensément, sans avoir de raison particulière. « Elle n'y arriverait pas même si elle essayait, elle n'est pas faite pour ça. »




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Lun 30 Sep - 19:54


we are the reasons for tomorrow's end.

Elle avait déposé une canette sur le meuble, auquel tu avais fini par t’accouder. Et elle s’était baissée, cherchant dans les tiroirs. Ton regard s’était perdu un instant. Jusqu’à ce qu’elle revienne, décapsuleur en main. Et tu as observé ses doigts se saisir de l’objet de verre, pour verser le liquide. « Merci .. » que tu as doucement chuchoté. Déjà, l’étrange fantôme s’était éloignée. Alors, tu murmures encore, animé par la simple envie de ne pas la laisser s’échapper. Alors, elle s’est tournée vers toi. Ses coudes se sont déposés sur le bois, alors qu’elle te fixait. Et un instant, tu t’es perdu dans son regard. Avalé par ton imagination, dévoré par les mots qui semblait d’une étrange façon faire sensation. « Ça doit être cela. » Sa tête se pose au creux de sa main. Bouche entrouverte, elle semble hésiter. Tu la laisses aller. Tu lui offres le libre droit de s’exprimer. « La souris doit alors paraître étrange aux yeux du monde n'est-ce pas ? Elle n'a pas tellement envie de vivre avec lui, elle ne le comprend pas. » Tu te surprends à sourire doucement à ses mots. C’est vrai qu’elle semble étrange. Tellement hors du monde. Mais peut-être était-ce ce qui lui donnait un morceau d’intérêt. Ce regard vide, ce visage sans la moindre trace d’un sourire. Sans la moindre expression véritable, en réalité. Fantôme oublié. Cherchant à se faufiler entre les passants sans même se rendre compte qu’il est capable d’exister. Et toi ? Est-ce que tu comprends cette souris-là ? Peut-être être s’est-elle égarée dans un monde qui ne lui semble pas destiné. Tes doigts glissent autour du verre. Tu l’écoutes, encore. « Elle n'y arriverait pas même si elle essayait, elle n'est pas faite pour ça. » Mélancolique, peut-être, son regard s’était perdu à travers la vitre. Tu l’as suivi, contemplant un instant les gouttes de pluie qui s’y écrasaient. Le temps a revêtu son pelage gris souris. Au fond, peut-être que tout ça était écrit. Aujourd’hui ne serait pas remis à demain. Pas maintenant que tu avais l’occasion de perdre des mots sur ton chemin.

« Mais peut-être que sans cette petite souris, nous ne serions rien. Mais peut-être aussi que, quoi qu’il arrive, nous continuons d’être les pantins de demain. » Tu t’es tu un instant, avalant une gorgée de la boisson colorée. Tu observes ses traits, encore. Sombre pièce, mais la jeune femme n’est pas si éloignée qu’à l’accoutumée. Alors, tu continues d’exposer tes idées, créant lentement, et avec elle, cette étrange forme de dialogue constitué métaphores filées. « Ils peuvent la faire disparaître, cette souris. Elle peut s’en aller, en s’imaginant que personne ne le remarquerait. Quelque part, c’est vrai. A grande échelle, cette petite souris sera remplacée par une autre. Une nouvelle souris, en apparence identique, avec le même pelage gris. On remplace ainsi les maillons défectueux de l’engrenage, du mécanisme compliqué que nous nous acharnons à construire. Mais ne crois-tu pas que certains remarqueraient le subterfuge ? Qu’ils verraient qu’ils n’ont pas en face d’eux celle qu’ils connaissaient, plus ou moins ? Celle qui avait son son de voix délicat, cette lueur particulière dans les yeux, ce léger défaut, cette marque qui la différenciait des autres ? Et alors, on remarque la pièce manquant de ce tout petit engrenage. Montage naturel. Celui dans lequel chacun, bien qu’il ne le sache pas vraiment, a trouvé sa place. » Tu t’interromps finalement. Un instant, pour rafraichir ta gorge sèche. Epuisé par ta tirade soudaine. Tu y crois, à ton idée. Vous n’êtes peut-être plus de des pièces rouillés, en réalité. Trop érodées, qu’on ne demande qu’à remplacer.

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Sue Ukyo
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mar 1 Oct - 22:33


 Enter the void 

Je reste face à lui, entendant sa réponse lorsque je me redresse avec la lenteur paisible qui caractérise ma démarche la plupart du temps. Je prends simplement un chiffon pour nettoyer le plan de travail qui n'a pas besoin de l'être. On pourrait trouver paradoxale d'envisager que le monde pourrait se perdre sans cette souris, elle n'est pas plus importante que toutes les autres. Ni même qu'aucune des autres. Je me souviens du concept qui définit que tout est un et que, de façon réciproque, un est tout. Ces considérations me semblent si lointaines. La morale, ma réflexion même a été inventée par les hommes et il est difficile de prendre en considération les créations de choses que l'on n'apprécie pas, parce que n'étant pas capable de les mépriser. C'est une ironie folle que de détester sa propre espèce et tellement facile, hautain, d'avoir l'impression de ne pas faire partie de cette dernière. Pourtant, c'est ce que je ressens au plus profond de ma chair froide. Dans les faits, je suis une humaine, mais je me sens trop différente, pas suffisamment adaptée.

Le jeune homme avec qui j'échange des phrases me redonne un peu d'estime en cette humanité, sans que je ne puisse définir pourquoi. Il parait plus vivant, allant même jusqu'à sourire, mais à l'intérieur il a le même vide que le mien, j'en suis persuadée. Peut-être que le sien n'est pas constant, qu'il arrive à le combler durant de courts moments. Malheureusement ce dernier finit toujours par revenir, frappant encore plus fort. Ce doit être ce qui m'a fait arrêter de chercher la sortie, les chutes ont finie par me briser les jambes trop tôt. Les paroles qui sortent d'entre ses lèvres, semblant sans aucun doute incompréhensibles aux potentiels auditeurs, sont d'une beauté rare venant d'un humain. Ils sont tellement concentrés sur leurs pensées artificielles et formatées, impossible de commencer une discussion sans être pragmatique. Pourtant, lui l'a fait. Je relève mon regard qui était depuis un moment concentré sur des taches qui n'existent pas, le posant encore une fois sur lui tandis qu'il recommence à parler.

De si grandes idées, de si grands mots prononcés par deux éléments en bas de l'échelle sociale tel que nous, pendant que d'autres se disent qu'il ne sert à rien de réfléchir pour survivre. Cela ne s'applique pas aux personnes dont la pensée est devenue le vivre appréciable ou même réellement nourrissant. « Alors la souris aurait bien de la chance si on remarquait qu'elle était partie. » Ce murmure, presque plus pour moi-même que pour fournir une vraie réponse, se fait entendre alors que je regarde doucement son visage. « Elle se sent inutile tout en sachant qu'absolument tout ce qui l'entoure l'est. De la naissance à la mort en passant pour certains par la vie. Un véritable paradoxe à elle seule. Ses pensées ne sont pas forcément orientées vers des choses intéressantes, mais elle suppose qu'il y en a beaucoup trop et que c'est sans doute pour cela qu'elle n'arrive plus à les oublier. A les faire taire définitivement et à réussir à vivre sans. Cette dernière est presque certaine qu'il n'y a pas d'autre moyen pour elle que de tout arrêter. Seulement elle est trop curieuse pour cela. »

Mon regard descends sur son bras droit pour regarder ses tatouages, essayant d'interpréter leur signification. « A vrai dire, elle se sent à part, même si elle est consciente qu'elle ne l'est pas. Elle a du mal à comprendre qu'elle est elle aussi piégée dans cette masse informe qui s'invente des besoins sans cesse. La souris les trouve presque tous idiots, pourtant elle ne se sent pas suffisamment supérieure pour pouvoir les juger. Pour elle ce sont des animaux malgré eux, prenant le fait qu'ils aient une conscience comme un don divin, n'imaginant pas une seule seconde que ce fameux don pourrait être comparé à n'importe lequel de celui des bêtes qu'ils considèrent comme inférieures. » Je tourne la tête en arrière, cherchant le tabouret bancale qui traîne toujours vers cet emplacement. Une fois rapproché, je m'assieds dessus, ramenant mon regard vers le jeune homme. Cette conversation m’intéresse. Le bar commence à se vider, la plupart des clients réguliers marquant une petite hésitation avant de se lever, comme si ils pensaient tout à coup qu'ils pourraient rester et passer la nuit ici. Ou pour certains que se jeter sous une voiture serait surement la meilleure solution.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Lun 7 Oct - 16:39


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C’est comme si, d’un coup, tu avais besoin de parler. De déchainer le monde qui vous entourait. Tu veux discuter, bavarder. Mettre des mots véritables sur les éléments qui vous entourent, nommer l’innommable. Vous ne pouvez que protester contre le monde qui vous a avalés, en espérant que des paroles murmurées allaient le faire changer. Mais si on n’agit pas, nous n’irons nulle part. Et si on ne fait rien, on restera dans ce cauchemar. Et pourquoi donc tu continues d’espérer, seul dans le noir ? « Alors la souris aurait bien de la chance si on remarquait qu'elle était partie. » Tu laisses, lentement, un sourire se dessiner sur tes lèvres. Imagine, elle disparait. Est-ce que toi, tu le remarquerais ? Peut-être. Probablement. Tu souhaites seulement que la pièce qu’elle représentait ne serait jamais remplacée. Parce que tu osais croire qu’il était impossible de la changer. « Elle se sent inutile tout en sachant qu'absolument tout ce qui l'entoure l'est. De la naissance à la mort en passant pour certains par la vie. Un véritable paradoxe à elle seule. Ses pensées ne sont pas forcément orientées vers des choses intéressantes, mais elle suppose qu'il y en a beaucoup trop et que c'est sans doute pour cela qu'elle n'arrive plus à les oublier. A les faire taire définitivement et à réussir à vivre sans. Cette dernière est presque certaine qu'il n'y a pas d'autre moyen pour elle que de tout arrêter. Seulement elle est trop curieuse pour cela. » Rien n’est insensé. Il suffisait simplement de prendre les mots sur l’instant. D’en trouver l’invisible signification qui échappait à tant.

« A vrai dire, elle se sent à part, même si elle est consciente qu'elle ne l'est pas. Elle a du mal à comprendre qu'elle est elle aussi piégée dans cette masse informe qui s'invente des besoins sans cesse. La souris les trouve presque tous idiots, pourtant elle ne se sent pas suffisamment supérieure pour pouvoir les juger. Pour elle ce sont des animaux malgré eux, prenant le fait qu'ils aient une conscience comme un don divin, n'imaginant pas une seule seconde que ce fameux don pourrait être comparé à n'importe lequel de celui des bêtes qu'ils considèrent comme inférieures. » Son regard glisse sur tes bras. Tu n’y prêtes pas réellement attention. Elle tourne la tête, le temps d’attraper un tabouret vers elle. La voilà qui s’installe devant toi, semblant promettre que, cette fois-ci, elle ne s’échapperait pas. « Mais peut-être que c’est cette impression de ne pas appartenir aux originelles fondations qui fait que nous ne comprenons plus ce en quoi nous avions cru. Peut-être ce c’est ceci qui nous donne l’impression que, aux yeux des autres, nous avons totalement disparus. »

Tu perds tes yeux dans ses cheveux. « Peut-être que malgré tous les ressentis, peut-être que nous ne sommes, en effet, pas à part. Probablement que nous ne sommes que deux des pions du jeu, deux souris courant après un fromage dont nous ne connaitrons jamais la saveur. Nous tentons d’échapper à ce qui nous semble incertain, trop fixé, routinier, mais nous tournons simplement en rond. On pourra faire semblant d’y croire, éternellement ; mais malgré tout, c’est en ouvrant les yeux que nous nous rendons compte que nous ne sommes plus ces enfants insignifiants. » Ne t’es-tu pas perdu ? Quelles sont les mots qui t’ont convaincu ? Est-ce le reflet muet du miroir, une onde pâle, une trace murale ? Tu ne sais plus grand-chose, au final. Et tes mots s’emmêlent. Tu as besoin d’évacuer. De balancer tout ce qui te pèse sur le cœur, comme si ça allait te permettre d’avancer. Tu n’es qu’un idiot désabusé. Avalé par tant de vérité. « C’est en ouvrant les yeux que nous sommes terrifiés. Que nous nous rendons compte que, quoi qu’il arrive, sans nous, le monde ne voudra pas cesser d’exister. On aimerait bien oublier. Clore nos paupières, et faire comme si la vie dont nous avons, d’une certaine manière, profitée, ne nous avait jamais rien enseignée. Mais nous sommes trop effrayés. Trop apeurés pour oser oublier ce qu’il se cache de l’autre côté. »

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Jeu 10 Oct - 21:40


 Enter the void 

La pluie continue de cogner contre la vitre, battant un rythme totalement anarchique, irrégulier. On pourrait aisément le comparer au battement de coeur d'une personne qui vient de faire une course. Dans ces moment-là, le son s'empare de toute votre concentration et donne l'impression d'exploser en vous. J'ai toujours trouvé ce genre de sensations agréables, on a l'illusion de comprendre comment nous fonctionnons. De saisir à quoi sert ce circuit de veines et d'artères branchées on ne sait comment, reliées elles-mêmes à des organes. La routine, c'est quelque chose que j'ai toujours cherché sans vraiment savoir pourquoi. Surement dans l'envie de vivre quelque part où l'on ne me parlerait que pour me servir des formules de politesses que j'ignorerais, portant plus d'importance à la brise ou au bruissement des feuilles. Je l'ai obtenue durant deux ans, mais elle a vite glissé dans les mains d'un autre.

Mes doigts passent doucement sur le bois du comptoir, laissant mes yeux suivre ceux-ci quelques instants, les observant comme s'ils ne m'appartenaient pas. Je forme des cercles jusqu'à ce que mon regard que je tente de rendre un peu moins glacial se pose à nouveau sur le sien. C'est tellement rare de pouvoir avoir une conversation comme ça que j'aimerais éviter de trop l'effrayer si possible. Le jeune homme a en fait bien plus de tatouages que ce que j'avais imaginé, ils sillonnent sa peau comme s'ils menaçaient de finir par remonter jusqu'à son crâne, revenir, pour la plupart, là où ils sont nés. Le reste est caché par son t-shirt et le reste de ses vêtements. Je fixe le morceau de tissus un instant comme si je pouvais le faire disparaître par la simple force de ma pensée, puis détourne le regard. Ce n'est pas forcément parce qu'il a les bras couverts d'encre que son corps l'est en entier, ce sont de simple conclusions hâtives. Et se baser sur celles-ci n'aide jamais réellement, c'est un coup de poker.

Je me sers de la même façon aérienne un petit verre de vodka, comme si mes membres étaient simplement portés par le vent sans que je ne doive faire le moindre effort pour les bouger, qu'ils ne pesaient même pas quelques grammes. Je n'aime pas tellement l'alcool, mais ces observations et le liquide semblent s'y assortir tel deux âmes soeurs. « On a l'impression qu'il est égoïste ce monde, capable d'infliger des fléaux, mais se lavant de toutes les conséquences, reprochant presque aux personnes qui ne parviennent plus à le supporter, de se plaindre sans raisons. Alors, tous, perdus dans cette foule informe et disgracieuse, ils obéissent, se créant des règles, des lois de morale. Elles sont toutes basées sur des choses qu'ils critiquent, la jalousie, l'orgueil et tout ce qui les accompagnent. Pourtant, ils paraissent avoir étés érigées afin de brûler leurs fondements à la racine. Si... Si minables, insignifiants et pitoyables. Je ne comprends pas comment ils réussissent à se supporter. »

Je m'arrête un instant, surprise par moi-même et venant seulement de remarquer que nous ne parlions plus de petites souris, mais bien de nous. Il n'y avait pas tellement de mystère de ce côté-là, c'était même évident. Pourtant, me l'avouer de cette façon, toute seule, m'a presque marqué. Je n'aime pas qu'on connaisse ma façon de penser, mes réflexions, mais, me cherchant presque une excuse, je me dis que c'est trop tard et qu'il en sait déjà beaucoup maintenant alors qu'il n'y a plus de raison de s'arrêter. Je porte le verre à mes lèvres pour prendre une gorgée avant de le reposer doucement. « Le pire doit être qu'il n'y a pas tant de réel moyen de s'enfuir, seulement un qui semble être un choix beaucoup trop lourd qu'on préfère toujours remettre à demain, mais tout en se doutant que ça ne changera rien. » Je repose ma tête sur la paume de ma main, buvant à nouveau dans mon verre et ne parvenant même plus à déterminer depuis combien de temps cette conversation avait commencé.




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J. Lachlan Owens
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Dim 13 Oct - 9:47


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Ses doigts volent jusqu’à un verre. Doucement, elle se serre. « On a l'impression qu'il est égoïste ce monde, capable d'infliger des fléaux, mais se lavant de toutes les conséquences, reprochant presque aux personnes qui ne parviennent plus à le supporter, de se plaindre sans raisons. Alors, tous, perdus dans cette foule informe et disgracieuse, ils obéissent, se créant des règles, des lois de morale. Elles sont toutes basées sur des choses qu'ils critiquent, la jalousie, l'orgueil et tout ce qui les accompagnent. Pourtant, ils paraissent avoir étés érigées afin de brûler leurs fondements à la racine. Si... Si minables, insignifiants et pitoyables. Je ne comprends pas comment ils réussissent à se supporter. » Elle s’est arrêtée. Pour reprendre son souffle, pour considérer un instant les mots qui lui ont échappée. Tu laisses un instant ton regard vagabonder. Tu aimes bien sa façon de penser. Tu apprécies ce moment où vous pouvez vous permettre de laisser les mots s’échapper. Parce quelqu’un d’autre les comprend, parce qu’ils n’ont pas de sens que pour une tête fatiguée. « Le pire doit être qu'il n'y a pas tant de réel moyen de s'enfuir, seulement un qui semble être un choix beaucoup trop lourd qu'on préfère toujours remettre à demain, mais tout en se doutant que ça ne changera rien. »

Tu clignes des paupières, un instant. Lentement. Ton doigt joue sur le rebord de ton verre. Tu n’y fais même pas réellement attention. C’est ton habitude, une insensible sensation. « Disparaître, au final, ne laisserait qu’un trou béant dans notre environnement. Quelque chose que nous nous efforcerions de combler, par une autre présence ou à grand recours de médicaments. On se noie dans la peur, dans la crainte de la perte. Nous sommes nos propres chaines, nos propres bourreaux. On s’invente, comme tu le dis, des règles. Nous bâtissons un monde instable, un véritable château de cartes. Et on espère qu’un coup de vent viendra tout souffler. On veut de la nouveauté, mais nous craignons le changement. Certains osent s’aventurer hors du sentier battu, mais la plupart se contentent de rester sur le chemin déjà tracé, par simple sécurité. » Tu souffles doucement, pour avaler une gorgée de ta bière, un instant. Probablement que tu perds le fil des mots. Que malgré tout le sens que tu aimerais y mettre, il devient pour toi compliqué de guider tes idées. Mais peu importe. Il faut que ça sorte. Il faut que tu évacues, que tu te laisses aller. Avant de menacer d’exploser en mille morceaux, et de détruire tout ce qui t’avait un jour entouré.

« Mais peut-être que toute chose commence avec des mots. Avec le début d’une idée, avec l’établissement d’une conclusion. Peut-être qu’il faut lutter contre sa propre nature, contre ce que nous sommes, pour oser espérer avancer vraiment, et ne pas simplement tourner en rond, à attendre le moment où sera lassé le temps. Peut-être qu’il ne faut pas vivre comme si nous attendions de mourir, mais tirer des conclusions, vouloir vivre. On se dégoute de nous-même, mais pourquoi ne tentons-nous donc pas de changer, alors ? Vers une image que nous avions toujours espérée ? » Peut-être que finalement, ton idée se dessine doucement. Tu veux jouer avec les mots, savoir jusqu’au leur pouvoir étrange réussirait à vous mener. Tu veux savoir si tu es capable de te détourner de la société. Alors, tu trempes tes lèvres encore une fois dans le liquide coloré. Comme si ça allait bouger. Comme si, en tentant de briser vos attaches à ce monde par le biais de cette étrange poésie, vous alliez réussir à finalement rester en vie, au milieu de vos envies.

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Sue Ukyo
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Dim 13 Oct - 20:26


 Enter the void 

Je prends une nouvelle gorgée, remarquant que mon verre est déjà achevé, vidée au fur et à mesure de la conversation. Ce fut en fait bien plus rapide que je ne l'avais imaginé et cet oubli me prévient surement que je ne devrais pas me resservir, qu'il est déjà temps de s'arrêter. Ou bien au contraire que se noyer dans la boisson forte est la meilleure issue, celle qui aurait la fin tant désirée. Ce serait tellement plus facile, alors où est le mal ? Peut-être qu'il faudrait que j'essaye une fois, juste le temps de m'y perdre une soirée et d'en revenir comme avant, après tout il y a tellement de gens qui le font. C'est assez ironique que maintenant je me mette à reproduire les agissements de ceux que je ne peux pas supporter. Remarque, les drogués et les alcooliques, ceux-là qui sont considérés comme des déchets doivent être sauveurs de l'espèce, la plupart en essayant de fuir le désespoir ont découvert toute l'absurdité de notre monde. Ils en sont ressortis plus blessés, mais aussi plus intelligents. Jusqu'à ce que mort s'ensuive, en général, c'est ce qu'on apprend en les observant.

Cela donne l'impression de jouer aux dominos, tapant dans une petite pièce pour que toutes les autres s'écroulent en une fraction de seconde sous nos yeux admiratifs. Enfin, plus dans le cas des dominos que des humains pour cette dernière partie. Ma main se rapproche à nouveau de la bouteille de vodka, faisant couler le liquide doucement en écoutant le jeune homme parler. J'hésite une seconde à reposer celle-ci sur l'étagère, mais la garde finalement auprès de moi. Donnons l'excuse, en contournant du regard le robinet d'eau, que cet alcool est là pour éviter d'avoir les lèvres sèches, n'ayant pas l'habitude de parler autant. Car oui, c'est plus dur de tolérer des agissements aussi faibles venant de soit que des autres, de se dire qu'il vaut mieux arrêter d'encaisser pour la soirée. Je prends encore une gorgée en le regardant et l'entendant finir sa longue prise de parole.

« Malheureusement s'il y a trop peu de gens pour les entendre, les mots ne nous servirons à rien. C'est bien là que doit se trouver la base, le noeud du problème. Ce qui nous empêche de l'atteindre ou même de simplement pouvoir l'effleurer, cette belle image. Elle s'enfuit lorsque nous pensons l'apercevoir, finissant par nous faire croire que ce n'était qu'une hallucination, qu'elle n'existe pas et ne pourra jamais exister, telle une utopie. Exigeant une anarchie pour pouvoir se créer, mais ne correspondant pas à l'image que tout le monde s'en fait. C'est ce qui me fait penser qu'il n'y a pas de solution, constatation assez pessimiste en somme, mais tellement plus réaliste. » Je baisse les yeux, perdant ceux-ci dans le deuxième verre déjà à moitié vide. Le liquide semble s'évaporer entre mes lèvres.

Mes doigts froids se promènent lentement sur le contenant, avant de le reposer sur le comptoir, produisant un petit bruit caractéristique au contact de ce dernier. « Pourtant, je me rends bien compte que ça n'arrangera rien de ne pas essayer et qu'il vaut toujours mieux tenter sa chance, seulement, je n'ai pas envie d'être déçue. L'échec est dur à supporter dans ce contexte-là, on s'investit beaucoup trop pour finir par admirer l'effondrement de tout ce dur labeur. Certain on la force mentale de recommencer à empiler les pierres une à une, ne trouvant du plaisir que dans l'accomplissement de la tâche et non la raison pour laquelle ils l'effectuent. Je préfère les regarder en essayant de ne pas détruire leurs espoirs, mais il m'est impossible d'y participer. » Je le regarde, presque désolée de la conclusion de ma phrase. La triste réalité, celle qui disait que je n'avais plus la force de me battre depuis longtemps, avait fini par éclater à la façon d'une bulle de savon. Sans réel son, sans que ça ne surprenne où ne dérange vraiment, doucement comme la majorité des choses chez moi l'était mise à part ma façon de penser.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Lun 14 Oct - 16:33


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Nouveau verre pour la jeune femme. Cille si elle était prête à t’accompagner dans ce monde d’étranges idées. Dans ce monde plein de vérité. Peut-être était-ce ce qui vous protégeait. Ce qui vous empêchait de flancher complètement, et de donner raison aux milliers de voix au vos de vos têtes, qui soufflaient incessamment qu’il serait temps d’en finir maintenant. « Malheureusement s'il y a trop peu de gens pour les entendre, les mots ne nous servirons à rien. C'est bien là que doit se trouver la base, le nœud du problème. Ce qui nous empêche de l'atteindre ou même de simplement pouvoir l'effleurer, cette belle image. Elle s'enfuit lorsque nous pensons l'apercevoir, finissant par nous faire croire que ce n'était qu'une hallucination, qu'elle n'existe pas et ne pourra jamais exister, telle une utopie. Exigeant une anarchie pour pouvoir se créer, mais ne correspondant pas à l'image que tout le monde s'en fait. C'est ce qui me fait penser qu'il n'y a pas de solution, constatation assez pessimiste en somme, mais tellement plus réaliste. » Et c’est la vérité qui se découvre lentement. Alors peut-être qu’elle a raison. Peut-être que, non, il n’y a pas d’espoir pour une possible salvation. Si ce n’est que la mort pour ces âmes en quête d’une cruelle damnation. « Pourtant, je me rends bien compte que ça n'arrangera rien de ne pas essayer et qu'il vaut toujours mieux tenter sa chance, seulement, je n'ai pas envie d'être déçue. L'échec est dur à supporter dans ce contexte-là, on s'investit beaucoup trop pour finir par admirer l'effondrement de tout ce dur labeur. Certain on la force mentale de recommencer à empiler les pierres une à une, ne trouvant du plaisir que dans l'accomplissement de la tâche et non la raison pour laquelle ils l'effectuent. Je préfère les regarder en essayant de ne pas détruire leurs espoirs, mais il m'est impossible d'y participer. » A nouveau, son regard avait perdu son éclat. Jeune femme fantôme. Déambulant délicatement dans ce monde de mensonges.

« Alors le monde entier ne serait plus qu’un immense corps brisé. Malade, souffrant des maux qu’il s’est lui-même affligé. S’il n’y a point d’issue, sauf cette de cette éventuelle mort prochaine, alors nous tomberons dans le chaos et la désolation. S’il n’apprend pas de ses erreurs passées, s’il n’écoute pas les voix blessées, dévastés par les horreurs que leur a montrées la société, alors oui, il n’y aura jamais de guérison. Les choses continueront de tourner encore et encore, sans que le mécanisme ne reçoive la moindre amélioration. Nous serons esclaves jusqu’à la fin, jusqu’à ce que tous les engrenages, rouillés, abîmés, soient trop défectueux pour qu’on puisse même songer à les remplacer. Et alors, nous regarderons notre espèce s’effondrer, parce qu’elle n’aura jamais été capable de s’écouter. » Tu souffles doucement. Te voilà revenu à ta principale idée. Cet engrenage, cette vie qui vous semblait méchamment imposée. Tu as terminé ton verre presque d’une traite. Tu aurais dû en garder. Pour continuer de lentement savourer les instants présents.

« Quelque part, au fond, nous devrions nous complaire dans l’idée que nous sommes notre propre destruction. Nous sommes plein d’espoir, mais, si nous n’apprenons pas à agir ensemble, à nous écouter, nous n’irons jamais dans la direction souhaité, là où nos rêves veulent nous mener. Nous nous perdrons dans le gigantesque océan, à pouvoir seulement contempler ce que nous avons fait à la terre qui nous a vu naître. Nous finirons par ressentir le manque, seuls sur ce navire presque chavirant. Et peut-être finirons-nous par remarquer que, pour chacune des choses que nous avons voulu ressentir, il nous sommes créés nos propres addictions. En nous y enfonçant avec excès, nous sommes aptes à enfin remarquer qu’elles sont les outils de notre perdition. Et alors, il est facile d’imaginer que nous serons notre propre source de destruction. » Tu t’es tu. Et, finalement, tu as fermé les yeux. Il semblait nécessaire, à présent, de balancer au loin le tissu de mensonges que tout le monde s’entraînait à créer. « Et s’il n’y a pas d’autre espoir, pas d’autre possibilité que celle de voir le monde s’effondrer alors que nous croyions dur comme fer à une possible amélioration, alors, je suis obligé de constater qu’il faut mieux de suite abandonner. Quitte à sembler égoïste aux yeux de ceux qui espéraient encore que notre avenir n’était pas commandé et déjà terminé. » Il est dur d’admettre que, sans une possible union, tout était perdu. D’oser croire que chaque génération apportera avec elle son lot d’irrésolution. Mais peut-être qu’au fond, malgré quelques regains d’espoir soudain, tu le savais. Mieux vaut vivre ignorant que connaisseur, si nous ne souhaitons pas nous perdre et nous horrifier de ce monde d’erreurs.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Jeu 17 Oct - 20:46


 Enter the void 

Parmi ce flot de paroles emmêlés, donnant toutes vers diverses routes plus longues et ardues pour notre mental les une que les autres, les idées commencent à s'organiser doucement, donnant une sorte d'ordre au chaos de nos songes torturés. J'écoute sa voix encore une fois, perdues dans ses pensées qui semblent être jumelles des miennes. Cet engrenage, j'essaye de me le représenter mentalement, bloquant sans comprendre pourquoi sur une image d'horloge du dix-huitième siècle. Son bois couvert de riches et fines dorures, la forme de ses aiguilles travaillée, celles-ci produisant un bruit apaisant pour se déplacer. La beauté des chiffres romains gravés sur le cadrant. Chaque fois que l'heure de minuit arriverait, ce serait une autre génération qui s'évaporerait dans les limbes.

J'aime bien cette représentation que j'ai finie par trouver, c'est comme si l'horloge était ce que l'on nous laisse observer des phénomènes de la vie et que toute la vérité se trouvait à l'intérieur de la petite boite en bois, mais que les clés avaient étés égarés dès sa fabrication achevée. Ironique, tout comme l'absurdité de la condition humaine. « S'ils trouvent ça égoïste eux, ils n'ont qu'à continuer d'essayer de construire leur monde parfait, leur utopie tout seuls. Une fois le travail terminé, s'il parvient à l'être un jour, nous aurons peut-être des regrets de ne pas y avoir participé. Surement même, mais je doute sincèrement que cela se produise. Alors, au risque de m'en vouloir je préfère suivre ma première opinion, bien que cela soit dur à supporter de se dire que jamais ne se finira cette mascarade. On pense que puisqu'on s'en est rendu compte, nous pouvons, nous devons forcément agir, mais on se rend finalement compte que c'est comme crier la tête sous l'eau, n'obtenant pas plus qu'un minuscule retour, éphémère en plus. Comme pour nous faire courir encore, croire inconditionnellement que ça va finalement marcher. Forcément, parce que c'est quelque chose de bien. »

Je prends une autre gorgée du liquide qui me brûle tendrement la gorge, profitant de ces quelques secondes de répit pour reprendre mon souffle légèrement manquant. Les sens des mots que j'emploie me donne l'impression de s'imprégner dans ma peau pour ne plus me quitter. Peut-être que c'est ce qu'il me faut, bien que la vie deviendrait encore plus pessimiste. L'un des plus durs choix d'une vie doit être celui d'être conscient donc malheureux ou de rester idiot pour profiter de cette vie si ingrate. Même le juste milieu ne me parait pas être un bon choix. « Le problème que ce que nous considérons bien ne l'est que selon nos critères, ceux-là imposés par cette société que nous observons d'un air lointain, comme le feraient des dieux qui ont perdu tous leurs pouvoirs. Dormant chaque nuit, se relevant en se disant que ça ne peut que s'arranger. Petit à petit les insomnies prennent leur place, empêchant tout moment de répit. Voué à être confronté sans arrêt à cette vison d'horreur sans pouvoir la changer. » Tout semble être plus cauchemardesque vu de cette façon, mais elle me donne l'impression, peut-être l'illusion, d'être la bonne.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Sam 19 Oct - 13:43


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« S'ils trouvent ça égoïste eux, ils n'ont qu'à continuer d'essayer de construire leur monde parfait, leur utopie tout seuls. Une fois le travail terminé, s'il parvient à l'être un jour, nous aurons peut-être des regrets de ne pas y avoir participé. Surement même, mais je doute sincèrement que cela se produise. Alors, au risque de m'en vouloir je préfère suivre ma première opinion, bien que cela soit dur à supporter de se dire que jamais ne se finira cette mascarade. On pense que puisqu'on s'en est rendu compte, nous pouvons, nous devons forcément agir, mais on se rend finalement compte que c'est comme crier la tête sous l'eau, n'obtenant pas plus qu'un minuscule retour, éphémère en plus. Comme pour nous faire courir encore, croire inconditionnellement que ça va finalement marcher. Forcément, parce que c'est quelque chose de bien. » Tes doigts glissent sur le rebord de ton verre vide. Tu hoches doucement la tête. Tu ne cesses de l’écouter. Pas maintenant. Tu as besoin de savoir, de partager. De ne surtout pas faire taire cette voix qui réussit enfin à s’exprimer. « Le problème que ce que nous considérons bien ne l'est que selon nos critères, ceux-là imposés par cette société que nous observons d'un air lointain, comme le feraient des dieux qui ont perdu tous leurs pouvoirs. Dormant chaque nuit, se relevant en se disant que ça ne peut que s'arranger. Petit à petit les insomnies prennent leur place, empêchant tout moment de répit. Voué à être confronté sans arrêt à cette vision d'horreur sans pouvoir la changer. » Et c’est dans l’ombre que vous vous enfoncez doucement. Dans l’obscure réalité, celle qui, face à vous, semble scintiller. Peut-être que tu n’en peux plus, de tout ça. Que tu en as assez de te cacher.

« Le bien et le mal ne sont que deux autres notions, deux autres barrières pour nous empêcher d’aller plus loin au final. Pour nous retenir de voir la réalité telle qu’elle est. Dans un autre monde … Même, sans vouloir allez plus loin, disons … De l’autre côté de l’océan, nous ne voyons pas les choses de la même façon. Nous sommes dépendants, en quelque sorte, de la culture que nous recevons. Nous pouvons l’accepter, ou essayer de la retourner, de chercher à en découvrir la face cachée. Nous sommes les éternels insatisfaits, au fond. » Il importe peu  de vos croyances. Il suffit juste d’ouvrir les yeux. Il suffit simplement de regarder un peu ce qui se passe à vos pieds. Quels sont les océans qui se sont déchaînés. Et alors, poliment, tu as encore demandé un peu de boisson, te relevant un instant pour attraper quelques pièces de monnaie au fond de ton jean. Une dernière. Parce que tu n’aurais pas les moyens pour autre chose, de toute façon. « De toute manière, ils sont bien trop tous occupés à croire à ce monde parfait. Ils sont prêts à fermer les yeux sur la maladie pleine de noirceur qui s’approche doucement. Ils s’en fichent des autres, des âmes perdues. Ils ignorent royalement les corps abîmés, traînassant sur le sol. L’Homme, si ça le dérange, n’ira pas regarder plus loin que le bout de son nez. Quand bien même il pourrait faire semblant de s’intéresser à son prochain, il abandonnerait dès la première contre-tentative du désespéré. Nous sommes probablement tous idiots. A faire semblant. A jouer un jeu de masques incessant, à croire qu’en se désintéressant, tout ira au mieux. Comme si oublier, et ne pas avoir conscience de ce qu’il se passe autour de nous nous aidera à avancer. Mais nous ne pouvons que stagner, j’imagine. Et les œillères dont nous nous pourvoyons tous ne nous feront que marcher sur un terrain d’ores et déjà battu. » Frustration. Il y a cette colère qui ressurgit doucement. Contre les autres, contre toi-même. Nous vous battez pour jouer les innocents. Ça devrait cesser. Il n’y a probablement rien de pire de que faire semblant. Tu ne pourras ignorer constamment. Tu fermes les yeux, juste avant que ton regard ne se perde dans les profondeurs de l’océan. Sans même en avoir conscience, tu t’égares doucement.


J'suis pas certain que ce soit bien mais ... J'suis frustré, en ce moment. Arrow
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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mar 22 Oct - 12:56


 Enter the void 

Les éternels insatisfaits, ça doit être cela en fait. Nous n'arrivons pas à nous adapter, nous plier à cette condition qui fait que nous devons vivre en nous taisant, sans poser ne serais-ce qu'une question. C'est assez ironique en somme, bénéficier d'une intelligence, d'une réflexion plutôt haute, mais ne pas devoir s'en servir si l'on veut rester heureux. Peut-être que c'est un choix que la nature nous impose, peut-être même qu'il y a une logique à tout ça. Seulement, plus j'y pense, plus j'ai l'impression que je ne pourrais jamais la comprendre, qu'elle s'éloigne. Je retourne une nouvelle fois, en seulement quelques pas, au meuble contenant les bouteilles de bière. Prenant la première qui me tombe sous la main, je sens le verre glacé s'accrocher à ma peau, produisant un tintement semblable à celui fait par les pièces de monnaies lorsqu'il rencontre le bois du comptoir.

Après l'avoir décapsulée avec attention, je la vide dans son verre, remarquant en même temps que le mien est à nouveau vide. Hésitant un instant avant de me dire que je ne vais pas le remplir encore une fois. Je n'ai pas tellement l'impression que cela ait vraiment marché finalement, je me sens toujours aussi mal et de toute façon il vaut mieux que je puisse réussir à marcher pour rentrer chez moi. La colère s'imprègne lentement dans ses paroles, montant tandis que les mots s'empilent les uns sur les autres. Mon regard parcoure son visage, comprenant son ressentiment. Je pourrais même être dans le même état si je n'avais pas laissé mes émotions s'effacer ou plutôt si je ne les cachais pas dans un coffre scellé au fond de mon âme.

« Et malgré tout cela, nous souffrons et pas eux. Ce doit être ça la plus grande injustice dans cette histoire, ce pourquoi je refuse d'essayer de les sauver. Puis ils ne le méritent pas, de toutes façon, quelle que soit la façon dont on voit le problème. Est-ce que si tous comprenaient à quel point ils sont inutiles, nous nous sentirions mieux ? Je pense que non. Alors, en fait il n'existe aucune solution. Après peut-être que nous les mépriserons moins s'ils savaient, mais ils ne nous sauveraient pas et la plupart, trop concentrés sur leurs tâches habituelles, ne pourraient tous simplement pas supporter une telle révélation. » Je sais simplement qu'il faut être fort pour ne pas se laisser entièrement sombrer dans le désespoir, pour garder un membre émergé des limbes. Ne pas simplement se mettre en position foetal et permettre aux abysses de vous emmener avec elles, de vous conserver jusqu'à ce que quelqu'un vous sorte de l'eau empoisonnée.

« Au final, peut-on considérer comme une chance le fait de s'être rendu compte de tout cela ? Je pense que s'en est autant une qu'un fardeau. Mais il n'y a pas de retour en arrière, on a fait ce choix et maintenant il ne quittera plus nos esprits, s'y accrochant, plantant ses crocs comme une murène. Peut-être qu'on peut vivre avec, mais pour l'instant je ne vois pas comment. » Je laisse à nouveau ma tête se loger au creux de ma main gauche, comme si celle-ci allait parvenir à soutenir mon esprit embrumé.




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[hors rp : Mais si, il était très bien ^^]

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mer 23 Oct - 16:47


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C’est le paradoxe qui s’installe doucement. La vérité accablante, touchante. Puisque de toute manière, vous ne pouvez pas faire autrement. « Et malgré tout cela, nous souffrons et pas eux. Ce doit être ça la plus grande injustice dans cette histoire, ce pourquoi je refuse d'essayer de les sauver. Puis ils ne le méritent pas, de toute façon, quelle que soit la façon dont on voit le problème. Est-ce que si tous comprenaient à quel point ils sont inutiles, nous nous sentirions mieux ? Je pense que non. Alors, en fait il n'existe aucune solution. Après peut-être que nous les mépriserons moins s'ils savaient, mais ils ne nous sauveraient pas et la plupart, trop concentrés sur leurs tâches habituelles, ne pourraient tous simplement pas supporter une telle révélation. » Pessimisme réaliste. Personne ne pourrait supporter d’être constamment confronté à la réalité. « Au final, peut-on considérer comme une chance le fait de s'être rendu compte de tout cela ? Je pense que s'en est autant une qu'un fardeau. Mais il n'y a pas de retour en arrière, on a fait ce choix et maintenant il ne quittera plus nos esprits, s'y accrochant, plantant ses crocs comme une murène. Peut-être qu'on peut vivre avec, mais pour l'instant je ne vois pas comment. » Une fois encore sa tête s’installe au creux de sa main. Tu avales une gorgée de ton verre à nouveau plein.

« Peut-être qu’encore une fois, il n’y a que l’entraide et le soutien qui pourrait aboutir à tout ça. Peut-être que c’est ce qui est inscrit depuis le début dans les chairs. C’est ainsi que fonctionne notre Terre. Tous ensembles, ou personne à la fois. Pas l’un sans l’autre. C’est un tout, un ensemble. Et nous ? Nous, tout ce qu’on veut, c’est apprendre à être autonome. A posséder un contrôle total sur l’incontrôlable. » Tu soupires doucement. Tu aimes bien, au fond, partager tes conclusions. Ces mots longtemps, pendant trop de temps, gardés au fond de ton âme brisée. Il te semblait tellement réconfortant de pouvoir les partager. De pouvoir raconter. Peut-être que tu ne pouvais pleinement mesurer la chance que tu avais de pouvoir établir cette discussion avec la jeune fantôme. Tu comprendras certainement plus tard. Lorsque tu tenteras de murmurer les mots au monde, et qu’il te regardera avec des yeux ronds, comme si la folie t’avait pris. Eternelle tristesse que celle de ne pas être compris. Peut-être qu’elle connait ça, elle aussi. Probablement, au fond. Puisqu’elle semblait, depuis longtemps, avoir abandonné l’idée de faire transparaître, au milieu de tous ces mensonges, la vérité.

« Tu sais .. Je trouve, quelque part, que cette ligne entre rêves et réalité est particulièrement amusante à regarder. A trop espérer, il semble que nous finissons indéniablement par comprendre ce qu’il se passe réellement. Peut-être que nous tombons de trop haut, peut-être que c’est la peur qui nous attrape alors qui nous empêche de vouloir remonter. Et pourtant. Pourtant, on donnerait tout pour se perdre encore. Sans perdre cette connaissance, malgré tout ce que nous pouvons murmurer. Parce que nous voulons savoir. Nous voulons comprendre ce qui nous amène à effectuer les actes que nous avons faits. Mais la vérité pèse sur nous, nous empêchant de nous envoler encore. Mais peut-être que … Peut-être que nous pourrions essayer de nous entraider, nous, eux, tous ceux qui ont vu et qui comprennent la réalité. Peut-être que ce n’est qu’une tentative vaine et désespérée, mais peut-être est-ce aussi quelque chose qui pourrait nous permettre de croire encore au fait qu’il ne faut pas abandonner … » Espoir délicat. Tu es plein de croyances, quelque part. Comme si ça allait vous remonter tous sur ce navire chavirant lentement.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Jeu 24 Oct - 21:07


 Enter the void 

Il a l'air de s'accrocher à cette idée qui s'est enfuie de mon esprit depuis déjà bien longtemps. Celle d'une humanité que l'on pourrait sauver, au bout du compte. Je ne peux pas dire qu'il a tort, d'ailleurs c'est sans aucun doute lui qui dispose de l'avis le plus raisonné dans toute cette histoire. Celui qui a le plus d'utilité, parce qu'on n'ira jamais plus loin en se disant qu'il n'y a rien à faire, puisque de toute façon ça n'aboutira pas à grand-chose. L'impatience me boufferais surement si je laissais cette option paraître probable aux yeux exigeants de mon esprit. Peut-être que je ne serais plus comme ça si je sortais la tête de l'eau, mais la surface semble si loin et ce serait plus simple de me contenter de l'oxygène qui s'épuise lentement, de laisser l'ivresse des profondeurs s'emparer de mon âme, de mon être. Sentir ses bras, ses mains aqueuses entourer mon corps froidement.

Laisser simplement mon regard se perdre dans les bulles d'air qui remontent doucement vers cette surface bien trop éloignée à mon goût. Remarquant au passage ceux qui continuent de nager vers le ciel déformé, envers et contre tout, comme lui. Qui luttent face au courant avec relativement de force. C'est agréable de trouver quelqu'un qui comprend ma façon de penser, n'agissant par conséquent pas comme tous les autres humains. Ne rejoignant pas le mouvement idiot des moutons de Panurge, essayant même d'emmener certains d'entre eux avec lui, bien qu'il finisse par fatiguer à son tour. Peut-être qu'au final c'était lui qui allait sauter dans l'eau à la place des bêtes qu'il tente de sauver.

J'aime bien sa façon de voir les choses au final. C'est assez dur de prendre la même après tant de jours usés pour m'adapter à celle que j'avais choisis de suivre, alors disons juste qu'elles se superposent parce que c'est la seule image du phénomène qu'on pourrait donner. Je me sens un peu plus légère, me disant qu'il y a des chances que je ne sois pas déçue et qu'au pire, nous serions au minimum deux à l'être. « Tu vends bien cette façon de voir les choses, ça donne envie de penser de la même manière. Ou au moins, d'essayer, pour se laisser croire que l'on ne sera pas blessé par la potentielle chute. Peut-être que c'est plus dur de garder espoir que de se dire qu'on n'a rien à attendre de toute ça. Il faut être beaucoup plus patient. Ce n'est pas mon cas. Alors, disons que je vais essayer de faire des efforts pour y croire. Ça n'a tué personne pour l'instant, enfin, pas directement. » Je le regarde avec le même calme, l'esprit un peu plus apaisé, m'étonnant moi-même de laisser l'avis d'un autre entrer dans les limbes de mon esprit perdu.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Sam 26 Oct - 21:33


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A mieux y regarder, tu ne peux lui retirer ce regard perdu, noyé au fond des océans. Mais était-ce réellement ce que tu cherchais ? Peut-être, au fond. Mais la discussion vous avait menés bien plus loin que tu ne le pensais. En soufflant sur la couche de poussière qui la recouvrait, tu avais pu commencer à discerner quelque chose de bien plus puissant que ce que tu avais jusqu’à maintenant pu trouver. Une capacité de réflexion que tu n’avais jamais réellement eue l’occasion de croiser, à moins que ton esprit quelque peu embrumé ne l’ait oubliée. Quelque chose qui, d’un côté, te dépassait. Mais dans laquelle tu pouvais te retrouver. Et ce regard sur le monde, qui, sans chercher à le nier, t’apparaissait comme une réalité, semblait bien plus rassurant que tout ce que, jusqu’à alors, tu avais pu trouver. Probablement que tu trouverais là-dedans quelque chose d’addictif. La confiance, confidence. Quelque chose de compliqué à réellement partager. Surtout lorsque l’on ne se sentait pas véritablement écouté.

« Tu vends bien cette façon de voir les choses, ça donne envie de penser de la même manière. Ou au moins, d'essayer, pour se laisser croire que l'on ne sera pas blessé par la potentielle chute. Peut-être que c'est plus dur de garder espoir que de se dire qu'on n'a rien à attendre de toute ça. Il faut être beaucoup plus patient. Ce n'est pas mon cas. Alors, disons que je vais essayer de faire des efforts pour y croire. Ça n'a tué personne pour l'instant, enfin, pas directement. » Un sourire se dessine sur tes lèvres, doucement, alors que tu baisses la tête, un instant. Ta main s’enroule autour de ton verre. L’idée t’amuse quelque peu. « Peut-être qu’il est préférable de ne pas tenter de forcer l’implantation d’une idée, mais de la laisser simplement là, comme une tentation. Cela dit … Quatre-vingt-quinze pourcent des gens ici préféreront ne pas avoir à prendre une décision et, bien qu’ils la contesteront, suivront celle qui leur sera imposée. Peut-être qu’il faut tenter d’enjoliver les choses et … les glisser au fond du gosier de chacun, afin qu’il soit forcé de les avaler. » Un peu comme tout ce qui vous entourait. Probablement que, quelque part, tu y étais soumis, toi aussi. Bien que tu tentais, plus ou moins vainement, d’y échapper. Vous êtes tous les deux, à votre manière, ancrés dans la société. Obligés de suivre d’une certaine façon une culture qui vous était imposée.

Peut-être que tu cherches à te trouver toi-même. Peut-être que tu cherches à admettre quelque chose. Que rien n’est réellement décidé, et que vous pouvez encore changer le chemin qui semble déjà tout tracé. « Mais .. Tu as raison. Faut essayer de croire en quelque chose. Même si, parfois, ça ne semble être qu’un long trajet plein de désillusions. On ne peut se permettre de n’avoir aucune croyance. Sinon … C’est un peu comme se rouler en boule au milieu d’une salle vide, et attendre de mourir, non ? C’est un peu comme attendre que le monde s’arrête de tourner, sans s’en préoccuper, et mourir doucement de l’intérieur, tout brûlé par nos pensées … » Ton emprise se referme sur le verre que tu portes à tes lèvres. Une question surgit au fond de tes pensées, doucement. Tu as regardé le bar, un instant. « Mmh … Ça te dit qu’on s’échappe d’ici dès que tu as fini ton service .. ? » Peut-être que tu as simplement envie d’une grande bouffée d’air. Peut-être que les révélations t’étouffent doucement. Lentement. Mais, certainement, tu as envie de savoir. D’en savoir un peu plus, d’essayer de pousser plus loin la réflexion. De voir le monde face à tes réactions.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Dim 27 Oct - 19:14


 Enter the void 

Un sourire se dessine sur son visage, c'est agréable à voir. Non pas qu'ils soient si rares, mais c'est juste qu'ils ne font pas faux, ce qui est par contre beaucoup moins répandu. Je continue de l'écouter, c'est assez étonnant d'avoir l'impression d'être deux à ne pas faire partie de la même espèce que tous ceux qui nous entourent. Ou alors une sorte de mutation, dans laquelle le plus gros changement a été mental. Je me demande, si une hirondelle, consciente de sa situation, arrêtait de voler, serait-elle encore considérée comme l'animal qu'elle est ? Garderait-elle la même appellation ? On changerait son nom, ou on ajouterait quelque-chose, un mot, une particule derrière pour la différencier des autres. Alors, si l'on arrête d'imiter le comportement le plus idiot des humains, est-ce que nous en sommes encore ? Nous devenons juste des mammifères ? C'est assez compliqué comme façon d'être vu, car ce qu'on les humains c'est leur capacité à penser et qu'au lieu de s'en séparer, nous l'utilisons plus.

Se laisser mourir. Je vois bien l'image, peut-être moi, en position fœtal dans un champ. Sentant les fleurs pousser autour de moi, même commencer à grimper sur mon corps. Les oiseaux commenceraient à picorer ma peau et je finirais par n'être plus que de l'engrais pour ces plantes, ainsi que de la nourriture pour les volatiles. C'est joli comme rôle, au moins on se sent utile. Puis ça doit être pas mal de vivre une éternité comme ça, jouer ce rôle, voir les saisons avancer, les animaux grandir. Bon, à partir du moment où l'on se fait marcher dessus par des pieds d'humains, ça devient tout de suite beaucoup moins bien attrayant comme rôle. En entendant sa question, je relève la tête, plongeant mon regard dans le sien encore une fois l'espace d'un instant, pour ensuite le remonter jusqu'à une pendule accroché en haut du mur, dans la même ligne droite. J'attends, trois minutes, puis quarante-deux secondes en ne cillant presque pas, mes yeux ne quittant pas leur emplacement.

Enfin, nous arrivons à une heure pile. Je me lève doucement de mon tabouret en bois, le replaçant à l'endroit où il doit être. Ce n'est pas encore l'heure pour moi de quitter mon service, je voulais juste attendre d'être à une heure pile pour que le compte soit plus facile à faire. Puis parce que c'est toujours mieux de quitter une pièce à une heure pile. « Je n'ai pas envie de rester ici plus longtemps. » Dis-je simplement, dans un souffle. J'avance pas à pas vers la porte, me retournant lorsque je l'atteins pour attendre le brun. Poignée en main, j'ouvre la porte de façon à ce que celle-ci reste en suspend et je sors dans la ruelle qui a déjà revêtit son voile de nuit il y a déjà longtemps. Le goudron est encore plus mouillé que tout à l'heure, à cause de la pluie récente. Je me souviens à cet instant que mes chaussures étaient déjà mouillée tout à l'heure et que ça ne risque donc pas de s'arranger. J'avance jusqu'au bout de la ruelle à ses côtés, à la même allure, alternant mon regard entre le sol et lui. Elle n'est pas très éclairée, mis à part un lampadaire qui semble étonnamment placé. Arrivés face à la route, celle-ci offrant diverses croisements, je m'arrête en tournant la tête vers les différents chemins possibles. « Où veux-tu que l'on aille ? » Je penche à nouveau la tête face à lui, curieuse de connaitre sa décision.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mar 29 Oct - 15:11


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Et la mort semblerait alors être un don inévitable. Rendre à la Nature une part de ce que nous lui avions volée, tenter, au mieux, de se faire pardonner pour tous nos péchés sur cette terre désolée. Et alors qu’elle se nourrira lentement de vous, vous qui restez en position plus ou moins allongée, elle cherchera à se venger de toutes les cicatrices, balafres suintantes et mal refermées, que vous lui avez infligée. Tu fermes les yeux. Peut-être qu’il vaut mieux ne pas y penser. Faire comme si vous étiez capables de l’ignorer. Alors, tu proposes autre chose. Un nouveau jeu avec les mots. La faire sortir, tenter d’emmener l’oisillon avec toi, à l’air libre. Tu n’exclus cependant pas la possibilité qu’elle s’échappe. Qu’un coup de vent suffise à la faire disparaitre. Petite brindille, si facilement envolée. Et tout d’abord, elle ne t’a pas répondu. Elle t’a regardé, un instant, avant que tu ne constates que ses prunelles fanées ne te regardaient plus réellement. Tu as un instant cru qu’elle s’était éteinte, tel un jouet mécanique dont la clef avait fini de tourner. Elle n’a presque pas cillé, et toi, tu es resté là, à attendre, sans non plus bouger. Peut-être devrais-tu chercher à la réveiller, à regarder derrière toi pour voir ce qu’elle voyait. Mais au final, à quoi ça servirait ? Peut-être que tu n’as pas réellement envie de bouger, et faire comme si le temps s’était arrêté. Sans oser croire qu’elle s’était déjà évaporée.

Et soudain, tel un jouet téléguidé, elle s’est levée. Doucement, comme chacun de ses gestes, cependant. Elle a déplacé le tabouret en bois. Tu l’as observée, un instant, terminant ta bière d’une gorgée. « Je n'ai pas envie de rester ici plus longtemps. » Tu as hoché la tête, attrapant ta casquette d’un rapide geste. A ton tour, tu t’es levé, avant de la suivre, fermant la porte derrière toi. Tu t’es un instant laissé aller à te rouler une cigarette, tout en la suivant. « Tu en veux une aussi .. ? » Tu lances doucement. Tu ne cherches pas à la forcer. Mais tu ne veux pas non plus qu’elle se sente obligée. Peut-être que tu veux simplement ne pas paraître mauvais. « Où veux-tu que l'on aille ? » Tu l’as observée, doucement. « Où tu veux. Mais peut-être que nous pouvons simplement marcher, tels deux âmes égarées dans cette société. En profitant du temps, et en espérant secrètement que la pluie ne se remette pas à tomber. » Et si jamais, tu pouvais toujours l’emmener à l’abris. Parce que tu ne voulais pas gâcher sa fragile beauté.

Alors, tu souris, doucement, avant d’attraper son poignet, un instant. Tu l’entraines à ta droite, comme si la destination choisie n’avait pas réellement d’importance. Elle n’en a pas. « Nous sommes des monstres. Notre propre .. fin. » Tu murmures, presque pour toi-même, alors que des doigts effleurent doucement le mur d’une habitation. Tu souffles la fumée grise sur le côté. « Cela dit .. Il y a peut-être mieux à faire que de constamment se perdre dans de pessimistes discussions. Simples à aborder, certes, mais compliquées pour s’en détacher. Surtout pour tomber dans la.. banalité. » Léger sourire. Peut-être que tu aimes bien ça. Balancer les phrases qui ont un jour voulues franchir tes lèvres, sans que tu n’aies réellement le besoin d’y réfléchir. Comme si soudainement, le droit à l’expression vous était offert, et que librement, vous pouviez exprimer vos doléances mutuellement. « Tu as un endroit préféré, ici .. ? »

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mer 30 Oct - 14:28


 Enter the void 

Il fait un peu frai, mais la brise reste agréable. La lumière du lampadaire se reflétant dans les flaques d'eau donne un spectacle éblouissant pour les yeux capables de l'apprécier, de s'y perdre des heures comme si le temps pouvait s'arrêter. Ce serait tellement pratique, réussir à cliquer sur pause pour l'éternité et se laisser emporter loin par un simple reflet, un paysage ou même un son. Cela faisait partie des plus belles, des choses les plus appréciables que l'on avait la possibilité de faire dans notre monde, s'évader. Seulement, ceux qui n'y parviennent pas ne comprennent donc pas le plaisir qu'on peut y trouver, alors ils jugent ça bizarre, inutile. Ils imposent leur vision étriquée du monde à tous, comme si elle était la seule qu'on ne puisse qualifier de dégénérée. D'ailleurs, cela doit aussi être un mot inventé par eux. Écoutant sa voix, ses mots, je continue de le regarder et alors qu'il sourit à nouveau, sa main vient prendre mon poignet.

Je me laisse entraîner, étonnée par ce contact auquel je n'avais pas eu droit depuis longtemps, sentant et appréciant la différence de température entre nos deux peaux. Entendant ses murmures, je baisse doucement la tête face à cette vérité amère. En nous arrêtant, il recommence à parler, rejetant d'abord la fumée qu'il avait aspirée avant. Je me souviens qu'il m'avait demandé en sortant du bar si je voulais une cigarette et que le fait de répondre m'était sorti de la tête. Finalement, je préfère aspirer un peu de ce nuage embrumé qu'il souffle, c'est plus plaisant et je n'aime pas tellement en tenir une. Puis c'est une façon plus poétique de fumer, en quelque sorte. Le jeune homme me demande s'il y a un endroit que j'aime plus que les autres ici. Je lève doucement les yeux vers un point plus haut, peut-être le ciel, comme pour essayer de me remémorer ce lieu, car il y en a forcément un.

Celui-ci apparu assez rapidement, comme revenu de loin dans mon esprit. Un parc, tout près de là où nous sommes. L'espace d'un instant, je me dis que ce n'est peut-être pas une bonne idée d'y aller en pleine nuit, mais celle-ci s'enfuit vite lorsque je réalise que c'est une occasion rare et que je pourrais regretter de ne pas l'avoir fait. Alors, à mon tour, je prends sa main et l'emmène avec moi vers ce lieu que je tiens à lui montrer. Nous marchons pendant quelques minutes, le chemin n'est pas long, d'ailleurs j'aperçois déjà l'entrée. Je continue, pas après pas, de me rapprocher. Alors, je vois le banc et tire un peu plus fort sur son bras, avant de m'asseoir avec lui, sans prendre garde au fait que le bois soit mouillé ou non. « Là. »

Je suis contente, n'ayant jamais parlé de ça avec personne. Pourtant, j'ai l'impression que l'on pouvait parler de tout ensemble et c'est pour ça que j’apprécie sa présence. Mon regard monte encore un petit temps dans le ciel, regardant les étoiles les une après les autres, comme si j'allais réussir à toutes les voir. « Des fois je viens ici le matin, un peu avant que le soleil ne soit arrivé. Quand il commence à se lever, les nuages prennent de la couleur et lorsqu'il y en a plus que de morceaux de ciel, on a l'impression que celui-ci est en fait en train de se coucher. Je me souviens d'un jour où ces nuages formaient un anneau autour du Soleil, comme si c'était Jupiter. Je trouve ça beau. » Les mots s'étaient échappés tout seuls, un flot de paroles sans sens logique que j'ai aimé dire, car ça fait du bien aussi de parler de choses simples.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Jeu 31 Oct - 21:51


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Son regard se perd dans le ciel. Un léger sourire se dessine sur tes lèvres. Ses yeux vides s’enfoncent dans la réflexion. Elle est jolie, la femme fantôme, avec la lumière des réverbères qui lui teintent doucement la peau. Elle est attirante, avec son air absent. Et si elle devenait vivante .. ? Probablement que les choses seraient différentes, mais changerait-elle tellement ? Tu fais disparaître tes idées dans un nuage de fumée. Tu l’observes se perdre dans les airs. Une vie s’envolant, quittant vos cœurs blessés. Mais tu n’as point le temps d’y songer trop longtemps. Ta main se saisit de la tienne, et elle t’entraîne au loin. Tu lui emboîtes le pas, sans hésiter. Tu te laisserais bien aller à rêver. Deux âmes à l’enfance peut-être un peu arrachée. A essayer de trouver une forme d’insouciance, une espèce de réconfort après avoir été confrontés trop durement à la réalité. Vérité blessante, donnant naissance à deux âmes désillusionnées. Et les lieux défilent, sans que tu ne cherches spécialement à t’y repérer véritablement. Tu nourris simplement ta curiosité. Tu t’interroges doucement, sans te servir des détails qui pourraient t’entourer, pour savoir où elle avait décidé de vous mener.

Un parc. Il te semblait, au regard des gravillons sous tes pieds. La pression sur ton bras se fait plus insistante. Tu presses le pas, avant de t’asseoir sur le banc où elle vous avait menés. Le contact est un peu humide, mais tu n’y accordes pas de réelle importance. Et elle s’est doucement installée à tes côtés. « Là. » Tu observes doucement autour de toi. Il fait sombre, mais ce n’est pas ce qui te dérange vraiment. Peut-être qu’il faut apprendre à regarder au loin, au travers de ce voile noir, pour comprendre ce qui se passe vraiment. Où est la beauté. « Des fois je viens ici le matin, un peu avant que le soleil ne soit arrivé. Quand il commence à se lever, les nuages prennent de la couleur et lorsqu'il y en a plus que de morceaux de ciel, on a l'impression que celui-ci est en fait en train de se coucher. Je me souviens d'un jour où ces nuages formaient un anneau autour du Soleil, comme si c'était Jupiter. Je trouve ça beau. » Tu avais tourné la tête vers elle, doucement. Au fond de sa voix s’enflamme un peu de joie. Tu souris, lentement. Tu imagines, un instant. Ce que ça pouvait être. « J’ose tenter d’imaginer. De tenter de me représenter un peu ce que c’est. J’ai déjà vu le soleil se montrer mais .. En réalité, il me semble ne jamais avoir réellement pris la peine de me poser pour l’admirer. De l’admirer autrement que derrière la fenêtre, à demi-caché entre deux immeubles. » Tu ignores si c’est parce que tu es trop attaché à la ville. Ou simplement parce que tu es attaché à cette idée d’essayer de vivre vite, trop vite, tellement vite que tu ne prends jamais réellement la peine d’en profiter. Comme s’il y avait des milliers de choses à voir, et qu’au lieu de te contenter d’admirer longuement celles qui étaient à ta portée, tu voulais toutes les observer d’un coup d’œil distrait.

« C’est l’expression de la nature que nous avons oublié .. » Peut-être que ton sourire peut paraître déplacé dans ta phrase légèrement tintée d’amertume. Mais tu es l’un de ceux qui sont à blâmer. « On court après ce que nous n’avons pas, sans savourer réellement celles que nous avons déjà. Nous sommes simplement capables de les regrettées lorsqu’elles se sont effacés. De nous blâmer. Mais pourtant, nous ne semblons pas tirer leçon de ce qu’on a tenté de nous enseigner. » Tu souffles doucement. Peut-être qu’il est temps, justement. De se poser pour essayer de comprendre que vous pouvez toujours rattraper les erreurs du passé. « Un jour, je devrais prendre le temps de venir là, je crois. Pour regarder, me perdre dans ce que tu vois. Tu serais là .. ? » Peut-être que la superposition de vos regards pourraient rendre la chose tout à fait intéressante. Apaisante pour ton esprit un peu détraqué.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Sam 2 Nov - 0:50


 Enter the void 

La fumée qu'il expire s'élève doucement vers le ciel, s'approchant de la lune pour y disparaître. Créant de nouveaux nuages éphémères, nébuleux comme notre avenir. Une douce vapeur, semblable à celle de l'encens, déformée par la brise et oubliée petit à petit. Juste face au plus bel astre de la nuit, nos visages sont touchés par la lumière pâle dans un paysage sombre. Peut-être que normalement ce dernier paraîtrait effrayant, dangereux, mais je me sens en sécurité. Alors, je profite de cette vue que j'ai rarement la chance d'observer, parcourant le ciel remplit de fines poussières cristallines. Mon regard revient au jeune homme lorsqu'il recommence à parler, sa voix s'additionnant aux sons habituels des doux ténèbres. Je pense à mon propre appartement, la grande fenêtre n'est pas en face d'un autre bâtiment alors j'ai le loisir d'observer le levé et le coucher du soleil tous les jours si je le souhaite. Seulement, je trouve ça tellement plus beau dehors, le visage caressé par le vent.

Si peu de gens profitent de ce spectacle, ils ont peut-être raison après tout, ce n'est surement qu'une simple perte de temps pour eux. Lui semble regretter de ne pas laisser les secondes filer dans cette occupation, indique son ton quasiment déçus. Pourtant, son sourire apaisant ne le quitte pas, ce qui n'est pas dommage. Heureuse de l'entendre dire qu'il devrait venir ici, je tourne la tête vers lui, mon regard croisant doucement le sien encore une fois, m'y perdant durant quelques instants. Son regard rieur coordonné avec ses lèvres, peut-être faussement joyeux, pouvant devenir sérieux rapidement s'il ne s'égare pas dans un point du décors, l'esprit occupé par les réflexions que nous avions partagés. Nos peaux colorées par la lumière froide de la lune, ma vue dégringole dans le gravier une seconde avant que je ne lui rende. « Oui. » Je réponds simplement, ne retournant pas dans le ciel, mon mental restant avec lui sur ce banc légèrement humide. Remarquant que le temps semble s'être arrêté, comme s'il existait une vingt-cinquième heure dans laquelle nous nous étions égarés depuis le tout début de notre conversation.

« Peut-être qu'aujourd'hui... Ou demain, je ne sais pas vraiment quelle heure il est. On pourrait rester ici le temps de le voir se lever ? » Proposition lancée doucement, pour qu'elle ne semble pas prendre toute l'importance qu'elle a. Car après tout, j'ai peur de ne plus le retrouver. Qu'il s'évapore aux premiers rayons de soleil, comme s'il n'était en fait qu'une hallucination. Sans doute est-ce pour cela que j'ai tenu sa main tout à l'heure, afin de ne pas partir trop vite, de ne pas disparaître comme un courant d'air, comme un fantôme dans un croisement de rue. De ne pas le laisser derrière, de ne pas rester encore seule. « On aura peut-être un peu froid, mais pas au point de mourir je crois. » J'ajoute ces quelques mots, comme pour essayer de le convaincre, bien qu'ils ne soient pas aussi rassurants qu'ils semblaient l'être dans mes pensées.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Dim 3 Nov - 12:58


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Son regard se perd dans le tien. Tu t’y abandonnes doucement, toi aussi. Une simple réponse, un simple oui prononcé. Oui, elle serait là. Oui, elle serait avec toi pour le regarder. Le lever du soleil, l’aurore rose orangée. Juste le temps de se poser, et de regarder ce nouveau jour démarrer. Entamer sa lente course, et tourner autour de vous, sans que vous ne puissiez rien y changer. Peut-être qu’il réveillera vos âmes fanées, qui attendent simplement de voir le monde tourner. Décrire une courbe différente de la précédente, pour finalement pouvoir contempler les erreurs du passé. Tu oses espérer. Que chacun, elle, toi, les autres, réussissent à réaliser un jour qu’il y avait matière à changer. A essayer de fonctionner ensemble pour rattraper toutes les années oubliées. « Peut-être qu'aujourd'hui... Ou demain, je ne sais pas vraiment quelle heure il est. On pourrait rester ici le temps de le voir se lever ? » Tu l’observes. La proposition te semble intéressante. Peut-être … Peut-être qu’elle craignait de s’effacer. Probablement que tu devais profiter de l’instant. Pour essayer d’attraper quelques morceaux de la jeune femme, avant qu’elle ne disparaisse définitivement. Tu ne sais quoi imaginer, mais peut-être que les choses reprendraient cette forme de « comme avant ». Avec quelques regards vides, une curiosité muettement exprimée. Mais tu ne peux te permettre d’oublier. Plus maintenant.

« On aura peut-être un peu froid, mais pas au point de mourir je crois. » Elle ne semble pas réellement certaine de son affirmation. Tu t’es contenté de sourire doucement. Tu lui faisais confiance, d’une certaine façon. « Je pense qu’on pourrait rester ici pour le regarder, oui. Ce serait un moment que nous serions sûr de réaliser … Et que, en quelque sorte, je ne pourrais pas oublier. » Prendre le temps de te poser. Profiter de la proposition, pour entamer cette résolution. « Pour le froid … On s’arrangera, non .. ? Je pourrais toujours .. te prendre dans mes bras … » Tu crains un instant qu’elle ne t’échappe. Qu’elle le prenne mal, ou quoi que ce soit. Mais tu veux simplement te laisser aller à la simplicité. T’y perdre, et oublier les étranges conventions que votre société d’aujourd’hui semblait s’imposer. Ce n’était pas par un quelconque intérêt du plaisir des chairs. Une simple proposition d’utilité. Voilà ce que tu voulais que ce soit. Enfance et innocence. Des mots dénués de vulgaires intérêts. Et tu ne voudrais bafouer le peu que vous avez réussi à partager.

Tu te surprends à te perdre, tête vide. A t’égarer dans tes pensées. Tu perds l’esprit. Tu imagines la possibilité éventuelle qu’avec le lever du jour, cette osmose étrange s’estomperait. Tu as secoué la tête. Très certainement, il n’était pas encore temps de s’en soucier. Bien assez vite viendront les amers regrets. « A quoi tu penses … ? Lorsque tu l’observes se lever ? Lorsque tu le regardes ainsi, de la manière dont tu m’as raconté, perdu, étalant ses couleurs dans les nuages … » Tu laisses légèrement ta phrase en suspens. Peut-être pour laisser votre imagination se dérouler lentement. Jeu de question. Et tu l’observes, un instant. Tu l’imagines s’effacer doucement, et retrouver cette entière part de discrète irréalité qu’elle apportait.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Lun 4 Nov - 0:07


 Enter the void 

Oublier, une perte qui me semblerait trop idiote, après tout cela, ces mots échangés. Je n'ai pas plus envie que tout s'efface, ce serait si dommage, regrettable. Alors, autant réaliser cette demande tout de suite. C'est tellement plus simple et presque raisonnable en quelque sorte. Disons que ça l'est dans notre monde. Ce lieu si sombre ou dangereux pour n'importe quel passant semble regorger de mystères, de secrets qui ne demandent qu'à être découverts. Comme si cet endroit n'était en fait que beauté, chacune des feuilles, même celles qui traînent déjà par terre, pouvant être une chose magnifique à contempler. Légèrement isolé du reste du parc pour une raison inconnue, les fleurs qui y poussent ne sont généralement pas abîmée, arrachées, ou très peu. J'entends sa phrase légèrement hésitante, dont les mots s'échappent petit à petit. Alors, après un petit temps, je hoche la tête doucement, mais peut-être un peu trop discrètement si l'on prend compte de l'obscurité que règne dans la soirée.

Face au banc sur lequel nous sommes tous deux se trouve une étendue d'eau calme, presque totalement silencieuse. Je ne sais pas si c'est une rivière ou un lac, supposant seulement que ce ne doit pas être la mer. Ne voulant pas prendre l'initiative de faire ressortir l'autre rive de la pénombre, d'en prendre conscience, qu'elle apparaisse à mes yeux. C'est mieux de s'imaginer qu'elle n'a pas de limite, que l'on pourrait nager indéfiniment sans trouver d'autre côté. Ça fait en quelque sorte partie du spectacle nocturne, ce miroir tendu sous le ciel percé de mille points de lumière. C'est aussi l'une des choses, un petit élément, qui rend ce lieu si cher à mon cœur. Si peu de passants foulent son gravier, personne n'y prête attention. Peut-être que s'il se trouvait dans un quartier plus riche de la ville ce banc serait occupé toute la journée. Les choses sont donc finalement mieux ainsi. Ou alors je suis l'une des rares à trouver quelque chose d'intéressant, de fabuleux à ce paysage, ce qui ne me surprend pas plus.

Ma voix s'élève, suite à sa question. Mes mots se posent tandis que les pensées affluent de tous les sens. « A tout. Tout ce qu'il y a ici, des fois à tout ce qu'on peut trouver ailleurs. En cet instant même ? Regarde l'eau. On dirait l'espace, le ciel. En se laissant emporter par notre imagination, on pourrait même supposer que ce n'est pas simplement un reflet, mais un prolongement même des cieux. Alors, si l'on se dirigeait vers ce prolongement, en avançant pas à pas, sans faire trop de bruits, peut-être qu'on pourrait avec un peu de chance, croire faire partie de l'espace. En marchant encore et encore, se mettant à nager, ne faisant pas attention à l'eau froide qui entoure petit à petit nos os, on finirait par en faire partie. Puis, là-bas, au loin, à cet endroit caché par la ligne entre ces deux sortes de galaxie, celui qui disparaît à l'horizon. Si on atteint ce lieu, ou même si par paresse on s'arrête avant, se laissant flotter en tentant de ne pas trop s'enfoncer, peut-être qu'on aurait l'impression d'être entouré des étoiles. » Le dernier mot de ma longue histoire s'éteint dans un murmure.

Je sens la petite brise, la main glacée du vent effleurer ma peau claire, me faisant frémir un instant. Mon regard est resté emmêlé avec le sien durant presque tout le temps qui a pu s'écouler, allant quelques secondes observer ce reflet dont je parle. Doucement, après m'être rapprochée, je pose une partie de mon dos contre son buste et m'entoure de ses bras en tenant ses mains. Légèrement, presque lentement, presque pour ne pas trop le déranger. Laissant mes yeux parcourir ses tatouages que je peux maintenant observer de près tandis que je continue de respirer en partie la fumée qu'il expire. Colorés, ils semblent tous raconter une histoire, peut-être qu'ils s'animeraient dans mes rêves. Des os, des feuilles vertes, un oiseau, des mots et des roses rouges, entre autres, sillonnent joliment sa peau, surement faites d'autant d'encre que de beige naturel. Je relève doucement sa main vers moi pour pouvoir remarquer quelques lettres égarées sur ses doigts. « J'aime les regarder, ils sont aussi beaux que le soleil quand il se lève. La différence c'est qu'eux ont probablement une histoire, contrairement au soleil pour lequel il faut en inventer une. » On pouvait le faire pour les deux, la différence c'est qu'il n'y aurait personne pour dire que l'histoire que je crée pour le soleil est fausse, mis à part des scientifique dont les dire se contredisent entre eux.




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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Lun 4 Nov - 20:11


we are the reasons for tomorrow's end.

Peut-être que tu cherches à la connaître. Probablement, même. Tu aimerais comprendre ce qui lui donne l’air si vide, en imaginant que la désillusion ne soit qu’une part de la réponse. Alors, tu te laisses aller au droit de poser des questions. Probablement que tu ne lui en voudras pas, si elle ne répond pas. Puisque ta forme d’indiscrétion pourrait l’offusquer. La faire battre en retrait, s’envoler. Sans que plus jamais tu ne puisses avoir l’occasion de la croiser. Fragile mais splendide oiseau, migrant comme bon lui semble, au fil des années. « A tout. Tout ce qu'il y a ici, des fois à tout ce qu'on peut trouver ailleurs. En cet instant même ? Regarde l'eau. On dirait l'espace, le ciel. En se laissant emporter par notre imagination, on pourrait même supposer que ce n'est pas simplement un reflet, mais un prolongement même des cieux. Alors, si l'on se dirigeait vers ce prolongement, en avançant pas à pas, sans faire trop de bruits, peut-être qu'on pourrait avec un peu de chance, croire faire partie de l'espace. En marchant encore et encore, se mettant à nager, ne faisant pas attention à l'eau froide qui entoure petit à petit nos os, on finirait par en faire partie. Puis, là-bas, au loin, à cet endroit caché par la ligne entre ces deux sortes de galaxie, celui qui disparaît à l'horizon. Si on atteint ce lieu, ou même si par paresse on s'arrête avant, se laissant flotter en tentant de ne pas trop s'enfoncer, peut-être qu'on aurait l'impression d'être entouré des étoiles. » Tu l’écoutes, sans l’interrompre. Ton regard suit ses mots, se perdant un instant sur la surface noirâtre, bleu nuit, peut-être, qui s’étendait devant vous. Reflet du ciel. Comme si votre monde était inversé. Tournant à l’envers, mélangeant vos idées. En quelque sorte, il l’était. Vous viviez retournés, la tête à l’envers, à encore vous demander comment vous faisiez pour ne pas tomber. La tête dans les étoiles, à essayer de rêver. Le corps coulé, noyé, l’âme échappée, envolée. « Il semble intéressant, alors, de se perdre dans cette surface bleue foncée. Peut-être qu’en imaginant que l’eau soit une surface étoilée, nous pourrions aller suffisamment loin pour les toucher. Et peut-être même retrouver le véritable ciel de l’autre côté. »

Et doucement, après un frisson, elle s’est presque imperceptiblement installée contre toi. Tu l’as laissée faire, véritable pantin. Elle était doucement, alors que son dos s’appuyait lentement contre ton torse. Elle s’est saisie de tes doigts, et tes bras se sont doucement refermés sur elle. Tu n’oses briser le silence, alors que ton regard se perd sur ses doigts mélangés aux tiens. Et avec délicatesse encore, elle avait remonté quelque peu ta main. Tu l’as laissée regarder, nullement offusqué. Puisque tu ne ressentais pas l’irrésistible besoin de cacher ta peau, et de garder pour toi des histoires qui pourraient être jalousement conservées. « J'aime les regarder, ils sont aussi beaux que le soleil quand il se lève. La différence c'est qu'eux ont probablement une histoire, contrairement au soleil pour lequel il faut en inventer une. » Tu souris doucement. « Merci … Et … Probablement que j’ai beaucoup d’histoires à raconter, alors. » Mais tu ne doutes pourtant pas une seconde que c’est son cas à elle aussi. Malgré sa peau immaculée. Elle semblait observatrice. En toute discrétion, mais tu ne doutais pas un instant du fait qu’elle notait chacun des détails qu’elle voyait. Muette archiviste, invisible, et ayant pourtant connaissance de bien plus de secrets que l’on ne pouvait imaginer.

Et alors, un instant, tu as remonté la manche de ton sweat. Dévoilant encore un peu plus de tes secrets. Deux rongeurs, un noir, un brun, apparaissent doucement. « Mmh .. Celui-ci. Un petit peu comme nos souris de tout à l’heure. Perdus dans l’immensité des autres dessins, mais avec une histoire bien définie à conter. Peu de gens ont vraiment envie de les écouter. Parce que deux rats, ce n’est pas désiré. Lorsque nous les remarquons, lorsque nous les entendons, nous ferions tout pour nous en débarrasser. Pourtant, n’ont-ils pas, eux aussi, leur utilité ? » Tu les observes un instant. Ensemble, l’un regardant derrière le dos de l’autre. Ensemble pour l’éternité. Illustration d’une amitié un peu sauvage, peut-être, mais passionnée, attentionnée, et qui ne voudrait pour rien au monde s’épuiser. « Mais quelque part, nous nous inventons nous-même, non ? Toutes nos histoires, toutes ces révélations, ne sont que le fruit naissant de ce que nous appelons réalité et de notre imagination. Peut-être qu’on pourrait inventer une raison, une histoire à chaque chose en ces lieux, à chaque phénomène existant. Oh, on pourrait nous contredire, nous rappeler avec sécheresse et sauvagerie que nous ne sommes que quelques illuminés, perdus au gré des marées. Mais … Eux ? Se permettent-ils de rêver un peu ? De cesser de briser tout ce qui pourrait leur permettre de penser, de voir plus loin, peut-être, pour progresser dans leur réalité ? » Tu souffles doucement. Souriant, peut-être. Malgré les désolantes remarques. Peut-être qu’il faut simplement se laisser aller. A respirer doucement, et divaguer dans vos pensées.

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MessageSujet: Re: Enter the void [avec Lachlan] Mar 5 Nov - 23:51


 Enter the void 

Mes yeux emportés par l'admiration des dessins d'encre sur ses mains, ce sont pour moi comme de véritables livres illustrés. Les écrits, l'histoire même est un secret pour tous mis à part celui qui les porte, celui qui peut raconter la réelle raison, celle qui l'a décidé dans son choix de graver cela dans sa chaire pour toujours. Ma mémoire s'imprègne des traits formés, ne promettant pas de tous les retenir indéfiniment, mais d'au moins essayer de leur trouver une explication logique, rationnelle, accompagnée d'une autre totalement folle, toutes deux courtes. Elles s'accumulent les unes sur les autres, disparaissant à tour de rôle de mon esprit, comme s'il n'y avait plus suffisamment de place pour mon imagination, que mon cerveau avait finalement décidé de lui imposer une limite infranchissable. Peut-être que c'était une bonne chose à faire, puis après tout c'est lui le patron incontesté. Ou bien, l'heure qu'il est ne lui permet pas de fonctionner mieux, ce que je ne peux pas vraiment lui reprocher. De toute façon, faire des remontrances à son cerveau ne doit pas être quelque chose de très sain, ni même de réellement constructif.

Le voyant remonter la manche de sa veste, mon regard passe de sa main à ses yeux, pour finalement se poser à l'endroit qu'il voulait me montrer. Deux rongeurs dos à dos, l'un brun et l'autre noir, semblant former une équipe malgré qu'ils ne soient pas côte à côte ou pâte dans la pâte. Lorsqu'on les remarque, ils ressortent du reste des dessins, prenant leur place méritée dans l'attention des gens. Je n'ai jamais ressenti la peur que certaines personnes nourrissent pour ces animaux et ne la comprend pas vraiment. En fait, je les traiterais comme je m'occuperais d'un chien, d'un chat ou de n'importe quel autre animal. Car après tout, ils n'ont pas de conscience ni la même façon de penser que les humains, donc ils ne peuvent pas chercher à faire du mal à quelqu'un. Les mots du jeune hommes font disparaître le silence, confirmant ce à quoi je pensais il y a quelque instant. Ils n'avaient pas besoin d'avoir une utilité pour moi, puisque je considère que nous n'en avons pas. Les humains orgueilleux, se permettent de juger ce genre de choses alors qu'ils ne sont utiles qu'à eux-même dans la grande majorité.

Sa voix laisse la place qu'elle occupait au silence, l'espace d'un instant, juste avant que la mienne ne la remplace. Son sourire reste sur ses lèvres, même si ça ne correspond pas avec le tons de ses mots. Ça semble être une attitude presque habituelle pour lui. Une autre démonstration, parmi toutes les autres, qu'il n'est pas comme les humains quelconques. « Nous n'avons qu'à inventer toutes les histoires que nous voulons, tant qu'elles nous conviennent. Si c'est ce que le soleil, une feuille ou des dessins d'encre nous inspirent, cela ne pose pas de problème. Notre façon de raconter conviendra au moins à quelques-uns, avec un peu de chance elle réussira à changer l'avis d'autres. Me faire contredire ne parvient pas à modifier ce qui s'est créé dans mon esprit, effacer l'étincelle qui a fait son apparition si soudainement. Ils ne peuvent pas dire que nous avons tort parce qu'ils sont plus à penser de la même manière, à tout vouloir imposer aux autres. Puis il faut bien des illuminés pour faire un monde. Si cela consiste à ne pas accepter de garder ma vision des choses pour moi, la taire, l'enfermer, alors je veux bien faire partie de cette catégorie de gens. » Mon regard s'est perdu un instant dans cette belle étendue d'eau qui me fait rêver, voir l'espace sous une autre forme. Cela semblerait bien capricieux à certaines personnes de refuser d'intégrer les normes de la société pour ne pas perdre mon esprit qui est visiblement si différent, mais j'en suis déjà si éloignée, je n'ai déjà plus grand-chose en commun avec eux.

Dans un mouvement doux et calme, le regard toujours autant fasciné, ma main se pose sur le bras qu'il a dévoilé en relevant sa manche. Sans être brusque, je le tourne pour pouvoir observer l'autre face. Mes yeux glissent, passent sur la plupart des traits avant de voir, tout près du poignet, un joli visage féminin. Sa face comme séparée en deux, une des parties normale et l'autre proprement décomposée. Restant muette un moment, mon cerveau lui cherchant à elle aussi une histoire, un conte. Seulement, son unique œil bleu me fait perdre le fil de mes pensées, m'envoûtant presque, il regarde ce qui se passe au-dessus de lui. Ou alors ce dernier fait semblant, fixe un point pour pouvoir laisser libre cour à ses songes, peut-être ses souvenirs. « Et elle ? » Dis-je doucement, tandis que mon index glisse le long de sa peau pour lui montrer le dessin dont je veux parler. « Quelle est son histoire ? » Je le regarde et laisse ma tête s'appuyer doucement contre son épaule, intriguée, curieuse et déjà émerveillée par le secret que renferme cette fille. Peut-être qu'elle a un prénom, quelque chose de rare et d'inconnu.




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Enter the void [avec Lachlan]

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